le forum des associations, un outil pour s'ancrer dans le local, lutter contre l'isolement et l'inactivité

Fin aout, début septembre rime avec rentrée scolaire, mais pas que. C’est devenu pour tout le monde, une sorte de nouveau cycle, la rentée…  une rentrée sociale, un nouveau départ, parfois nouvelle ville, nouvel environnement ou tout simplement une envie de changer les choses. En plus cette année, on a juste envie de passer à autre chose que cet été canicule… On veut pouvoir refaire du sport, de sortir, de faire autre chose que regarder l’horloge entre 14 et 17h…

 Au moment où l’on est capable d’estimer à un milliard le nombre de personnes souffrant de troubles psychiques sur terre, il est temps de se pencher sur comment changer notre quotidien… avec l’espoir de pouvoir le simplifier et tenter d’en diminuer la pénibilité.

Oui parce que les vacances aussi géniales soient-elles, ne reflètent en rien le quotidien que l’on a à affronter chaque jour. Outre le fait que parler « d’affronter » le quotidien est déjà un problème en soi, il est peut-être temps de faire de ce jour répété autre chose que de l’hostilité ambiante qui finit par nous épuiser… voire provoquer un craquage.

Mais finalement le quotidien c’est quoi ?

Le quotidien c’est une accumulation de cadre de contrainte. Tous différents, mais tous contraignant…

On doit gérer notre humanité (basique, mais il faut quand même arriver à trouver du temps pour un : dormir suffisamment, deux : se nourrir…), le travail (qui soyons honnête à la capacité à venir entraver notre volonté d’avoir une vraie pause déjeuner, ou d’avoir assez de temps de sommeil… parce que ce dossier-là est toujours estampillé « super urgent pour hier Sans-Faute »…), la famille (gérer les fournitures scolaires, recouvrir les livres, le rendez-vous de l’ophtalmo de N° 2, faire changer les pneus de la voiture… ça aurait été pertinent de le faire avant de traverser la France cet été d’ailleurs) et notre environnement… Avoir + de 45 min de transport le matin sans savoir si aujourd’hui le bus va enfin arriver à l’heure… sachez que cela n’est pas pérenne psychologiquement parlant. Au milieu de tout ça on veut aussi aider « copine/copain de toujours » qui vient de divorcer/se faire virer/…  Normal, en somme.   Bref ceci est la version courte, condensée, résumée des contraintes qui s’accumulent. Comme chaque cadre de contrainte pose ses propres limites, et bien l’accumulation de l’ensemble ne laisse qu’un tout petit espace de liberté ! Quand elle en laisse un !…

Quel rapport avec le forum des associations ?

Le forum des associations c’est un outil, donc rien de magique, mais il est là tout bientôt donc autant s’en saisir. C’est l’occasion de trouver un truc juste pour vous ! Juste Sophie 33 ans pas Sophie commerciale, ni Maman Sophie, ni épouse Sophie, ni la pote Soso… juste Sophie 33 ans (à noter que cela fonctionne aussi avec Alexis 42 ans, Makiko 28 ans ou Tyler 51 ans)

Donc, une activité qui nous plait (un inconditionnel sinon où est l’intérêt ?) régulière (ou pas) et qui va nous permettre de tisser du lien avec des gens proches de notre lieu d’habitation. Parce que c’est bien sympa les séries pour « se reposer », mais globalement regarder des séries ça ne va pas (ou peu) changer notre ligne de vie. Regarder des séries c’est regarder/fantasmer la vie des autres en se disant que nous aussi on aimerait bien ça (avoir un groupe de gens ressources sur lesquels on puisse compter à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, passer des bons moments, ou juste qu’il se passe quelque chose dans notre vie)

Oui nous avons nos amis d’enfance qui habite de l’autre côté du globe/de la France ou du département… et à qui nous parlons tout le temps sur WhatsApp, mais qu’en est-il de nos voisins ? Des gens qui habitent juste à côté ? Ça ne serait pas sympa de faire un diner improvisé ou une soirée belote hebdomadaire avec les gens d’ici ?

Pour compliquer les choses ; ceux qui vivent en ville l’ont bien compris ; il n’y a rien de mieux qu’une mégapole pour enfin profiter de l’anonymat. On peut « être » qui on veut, mais on risque aussi d’y découvrir la solitude et l’isolement… Grand sujet récurrent des consultations de psychiatrie urbaine.

C’est là qu’intervient le forum des associations qui peut faciliter deux ou trois petites choses :

  1. S’ancrer dans le local (accélérer le sentiment de familiarité avec son quartier/ville/village… pour au final être en capacité à se sentir « à la maison »), avoir des activités et des amis proches de notre domicile… petit à petit cela peut participer à la construction d’un étayage psychique qui s’implante dans une proximité géographique. C’est primordial. On ne s’en rend pas toujours compte, mais ça aide beaucoup à limiter les ruminations anxieuses. Notamment parce que ça participe à la nécessité de savoir « gérer son territoire »… Oui, une chose que notre cerveau archaïque a conservée et qui sert plus trop à grand-chose, j’en conviens, mais qui est toujours là. C’est cadeau, et si on veut éviter la sensation de « parachutage » au milieu de nulle part ou les « qu’est-ce que je fais là ? » itératifs… et bien, il peut être utile de savoir ce qu’il se passe/ce qui existe autour de nous. C’est vrai pour les nouveaux venus (les néoruraux en full time télétravail, les expats, les étudiants…), mais aussi pour les locaux… On a toujours des choses à apprendre sur son environnement proche (culturel, naturel…). Plus on en sait, plus on est connectée à son territoire, plus ce sentiment d’appartenance grandit… plus on se sent à la maison !
  1. Rencontrer des gens autour d’un sujet d’intérêt commun et qui habite le coin. Bref, lutter contre l’isolement. C’est bien sympa les forums on line, mais ces « amis » vivant à Pau ou à Singapour au quotidien ça serait quand même mieux de les avoir pas loin… S’il n’y a rien qui nous intéresse dans ce qui est proposé, c’est peut-être le moment de monter notre association !! Il est fort probable que si cela nous intéresse, cela puisse intéresser d’autres personnes… Oui vous n’êtes pas seul à aimer la littérature islandaise, les recettes végans, ou le curling… Si vous êtes motivé(e), la procédure pour se lancer dans une association c’est par là :
  • Pouvoir se remettre au sport. On fait d’une pierre, deux coups. On entretient sa santé physique et mentale. Oui nous allons à la salle, on fait de la gym sur Netflix ou on va courir… merci d’avouer que vous faites cela tout seul (rien de mal à cela, mais on est bien d’accord que cela ne va pas nous aider à rencontrer du monde de passer 45 min sur une machine à scruter le nombre de calories dépensé qu’indique notre montre connectée). Là aussi c’est peut-être l’occasion d’essayer un truc nouveau genre le hockey sur glace (ça défoule et ça fait voyager à chaque entrainement) ou le Bō-jutsu.

Dans le 6e arrondissement de Paris, c’est le samedi 5 septembre au salon de la mairie.  
À Tonnerre c’est aussi le 5 septembre ! 

Bref on aura compris que chacun trouve sa date (souvent le 5 septembre), mais en gros c’est un Week-end de septembre, alors on se renseigne et on va faire un tour au forum des associations…

au pire on aura toujours mangé une raclette sur le stand de Vouvry (ville du jumelage), glané des graines de tomates anciennes sur le stand des planteurs et on aura pris contact avec l’association de vélo locale… non pas pour faire du vélo en caleçon sur la nationale, mais pour promouvoir le transport au quotidien via le vélo, développer les pistes cyclables ET sécurisées que ce soit en ville, mais aussi en zone rurale. Parce que le vélo au quotidien (le velotaf pour les initiés) c’est aussi un formidable outil qui lutte contre les troubles psy en général, vous maintient en bonne santé physique et vous amène rapidement au niveau « master » en termes de gestion du territoire… mais ça on en reparlera prochainement

Bonne balade au forum des associations !!

Pour déjouer les pièges de la rentrée de l’année scolaire, c’est par là : Manque de sommeil, temps d’écrans à quel âge ? harcèlement scolaire ? 

Réseaux sociaux : le Conseil constitutionnel retoque l’interdiction, mais pas le problème

En juillet, on pensait que l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans serait en place pour la rentrée… Quelques semaines plus tard, l’interdiction a été retoquée.

Le 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a censuré la disposition… Et presque simultanément, de l’autre côté de l’Atlantique, Meta se retrouve devant la justice américaine, accusé d’avoir conçu Facebook et Instagram de manière à retenir les jeunes utilisateurs le plus longtemps possible.

Deux événements qui peuvent sembler contradictoires. Ils racontent en réalité la même chose. 

Nous sommes probablement arrivés à un moment où la question n’est plus seulement :

« À quel âge doit-on autoriser Instagram ou TikTok ? »

Mais :

« Jusqu’où peut-on concevoir un environnement numérique pour capter notre attention ? »

Et cette question concerne les adolescents, mais pas seulement…. On y reviendra. 

Le Conseil constitutionnel n’a pas dit qu’il n’y avait pas de problème

Commençons par éviter un contresens. Le Conseil constitutionnel n’a pas considéré qu’il était inutile de protéger les enfants des réseaux sociaux. Il reconnaît au contraire que la protection de l’intérêt supérieur de l’enfant peut justifier des restrictions.

Ce qu’il a censuré, c’est le dispositif choisi : une interdiction générale et indifférenciée pour les moins de 15 ans, avec notamment des difficultés liées à la proportionnalité de la mesure et à la protection de la vie privée dans la vérification de l’âge.

Autrement dit :

le problème existe, mais une bonne intention ne suffit pas à faire une bonne loi.

Cela nous oblige à réfléchir non seulement à ce que nous voulons empêcher, mais aussi à la manière dont nous voulons le faire.

À 13 ans, le regard des autres compte. Beaucoup.

L’adolescence est une période particulière :

On cherche qui l’on est. On se détache progressivement de ses parents. Le groupe des pairs prend une place considérable. L’estime de soi se construit encore et le sentiment d’appartenance devient essentiel.

Dire à un adolescent : « Ne t’occupe pas de ce que pensent les autres » est donc la certitude d’être à côté de la plaque en tant que parents…

Parce qu’à cet âge bien evidement que l’avis des autres compte énormément.!

Or les réseaux sociaux ont transformé une partie de cette reconnaissance sociale en données mesurables :

Combien de likes ? Combien de vues ? Pourquoi elle lui a répondu à lui et pas à moi ? Pourquoi cette photo marche mieux que l’autre ? Pourquoi tout le monde semble plus beau, plus heureux ou plus intéressant que moi ?… (merveilleux !!)

La comparaison sociale n’est évidemment pas née avec Instagram. Les adolescents se comparaient bien avant le smartphone. Mais elle est devenue permanente, quantifiée et disponible dans la poche 24 heures sur 24. Et c’est bien ça le problème !!

C’est particulièrement important chez les jeunes déjà fragiles : mauvaise estime de soi, anxiété, dépression, troubles alimentaires, difficultés relationnelles, harcèlement.

Le rapport « Enfants et écrans – À la recherche du temps perdu »  insiste justement sur cette nuance : les réseaux sociaux ne provoquent pas mécaniquement anxiété ou dépression chez tous les adolescents, mais ils peuvent représenter un facteur de risque supplémentaire chez certains jeunes vulnérables.

Cette prudence scientifique est importante.

Mais elle ne signifie pas qu’il faille attendre de disposer d’une équation parfaite reliant chaque minute de TikTok à chaque symptôme dépressif avant d’agir. Pour les curieux, on peut lire le full report ici : 

Le problème n’est pas seulement ce qu’on regarde, mais la manière dont l’outil est conçu

Prenons un adolescent de 13 ans.

Donnons-lui un fil qui ne se termine jamais, des vidéos qui démarrent automatiquement, des notifications, des recommandations personnalisées, des likes et un algorithme qui apprend progressivement ce qui retient le mieux son attention.

Puis disons-lui :

« Il suffit de savoir s’arrêter. »

C’est une conception assez optimiste ou naïve (ou les deux) de la prévention.

Nous, adultes, avons déjà parfois beaucoup de mal à refermer Instagram alors que nous avions pris notre téléphone « juste pour vérifier un message ».

Il est donc un peu étrange (pour pas dire autre chose) d’exiger davantage d’un collégien. 

Et c’est précisément là que le procès intenté à Meta aux États-Unis devient intéressant.

Aux États-Unis, ce n’est plus seulement l’utilisateur qui est interrogé. C’est le produit.

Meta fait désormais face à un procès fédéral majeur autour des effets de ses plateformes sur les jeunes. Plusieurs États américains accusent notamment l’entreprise d’avoir conçu Facebook et Instagram avec des fonctionnalités destinées à favoriser une utilisation répétée et prolongée, tout en connaissant certaines vulnérabilités spécifiques des adolescents.

Meta conteste ces accusations et met en avant les dispositifs de protection qu’elle a progressivement introduits pour les mineurs. C’est évidemment à la justice américaine de trancher, mais le déplacement du débat est intéressant.

Pendant des années, nous avons surtout demandé :

« Pourquoi cet adolescent passe-t-il autant de temps sur son téléphone ? »

La question devient maintenant :

« Comment ce téléphone, et surtout les applications qu’il contient, ont-ils été conçus pour qu’il y passe autant de temps ? »

Et cela change beaucoup de choses. Parce qu’un fil infini n’est pas apparu spontanément dans la nature. Une notification envoyée à 23 h 47 n’est pas un phénomène météorologique. L’autoplay n’est pas une propriété fondamentale de l’Univers…. Ce sont des choix de conception. Et ce qui a été conçu peut être conçu autrement.

On parle beaucoup « d’addiction »... Un peu de prudence tout de même

Le terme est partout : « Addiction aux écrans », « addiction à TikTok », « addiction aux réseaux sociaux ».

Il faut pourtant distinguer plusieurs choses.

Il existe incontestablement des usages problématiques, parfois extrêmement envahissants : perte de contrôle, incapacité à interrompre l’activité malgré ses conséquences, sommeil sacrifié, conflits familiaux, désinvestissement d’autres activités…

Mais tous ceux qui passent trop de temps sur Instagram ne présentent évidemment pas une addiction au sens médical du terme.

Et inversement, reconnaître cette prudence diagnostique ne signifie absolument pas nier les mécanismes de captation de l’attention.

On peut parfaitement dire :

« Ce jeune ne présente pas nécessairement une addiction »

et simultanément :

« Cette application a été optimisée pour lui donner envie de revenir. »

Les deux propositions ne sont pas contradictoires. C’est même probablement là qu’il faut sortir d’un débat trop caricatural.

Le premier sacrifié reste souvent le sommeil

Il n’existe pas vraiment de fin naturelle à un réseau social.

Il y aura toujours une nouvelle vidéo, un message, une story, une conversation qui continue, quelque chose qui s’est passé dans le groupe pendant qu’on n’était pas là.

Or à l’adolescence, le sommeil n’est pas une variable d’ajustement.

Il intervient dans la mémoire, les apprentissages, la régulation émotionnelle, l’attention et la santé mentale. Un adolescent qui dort chroniquement trop peu devient plus irritable, plus vulnérable au stress et régule moins bien ses émotions.

Dans une enquête citée dans le rapport de 2024, 31 % des 11-18 ans déclaraient rester éveillés ou se réveiller la nuit pour leurs usages numériques.

En consultation, il arrive donc que l’on explore longuement l’irritabilité, l’anxiété et les difficultés de concentration avant de découvrir qu’un smartphone dort depuis six mois à 20cm de l’oreiller.

Il existe alors une mesure thérapeutique extraordinairement sophistiquée :

faire dormir le téléphone ailleurs… Dans le salon, la cuisine, voire la chambre des parents (pour ne pas le voir migrer pendant la nuit…) 

Si on veut en savoir plus sur le sommeil c’est par là : 

La cour de récréation est désormais entrée dans la chambre

Les adolescents ont toujours connu les amitiés compliquées, les disputes, les rivalités, les humiliations et parfois le harcèlement.

Mais il existait autrefois une frontière assez simple : on rentrait chez soi.

Aujourd’hui, le groupe rentre avec vous : Dans le bus, dans la cuisine, dans la chambre et jusque sous la couette.

C’est l’un des aspects les plus difficiles du cyberharcèlement : l’absence de répit.

Une photographie humiliante peut être diffusée en quelques minutes. Une dispute peut continuer toute la nuit. Une exclusion sociale peut devenir visible publiquement et commentée collectivement.

Le smartphone a fait entrer la cour de récréation dans la chambre. Et il est devenu beaucoup plus difficile d’en fermer la porte.

Il y a aussi tout ce qu’un adolescent n’a jamais demandé à voir

Dans l’environnement numérique actuel, il n’est plus nécessaire de chercher un contenu pour tomber dessus :

Pornographie, violence, automutilation, troubles alimentaires, discours haineux, misogynie, images de guerre…  le contenu vient à nous. (Merci les algorithmes)

L’algorithme observe ce qui retient l’attention, puis propose quelque chose d’approchant.

Lorsqu’un adolescent fragile s’arrête sur plusieurs contenus autour de l’anorexie, de l’automutilation ou du désespoir, le système ne se demande évidemment pas :

« Est-ce bon pour sa santé mentale ? »

Il se demande :

« Est-ce que cela augmente son engagement ? »

L’algorithme n’est pas malveillant.

Il n’est juste pas programmé pour prendre en compte les impacts psy.  Et c’est probablement ici que la régulation devrait devenir plus ambitieuse. Pas seulement contrôler l’âge de celui qui entre. Mais s’intéresser à ce qui se passe une fois qu’il est entré.

Finalement, le Conseil constitutionnel nous oblige peut-être à poser une meilleure question

J’étais favorable au principe d’une limite à 15 ans. Je le reste : retarder l’entrée dans certains environnements numériques peut être protecteur et permet notamment aux familles de ne pas avoir à négocier seules contre le fameux :

« Mais TOUT LE MONDE l’a dans ma classe ! »

 

Une norme collective aide les parents (et par ailleurs cette déclaration est souvent fausse), mais la censure du Conseil constitutionnel nous rappelle aussi qu’une politique publique ne peut pas se limiter à tracer une ligne sur un calendrier.

Évidemment, rien de mystérieux ne se passe dans le cerveau à minuit le jour du quinzième anniversaire. Toute limite d’âge comporte une part d’arbitraire. Mais toute l’éducation d’un enfant consiste justement à organiser une autonomie progressive.

On apprend progressivement à traverser seul, à prendre les transports, à gérer de l’argent, à sortir sans ses parents, à prendre des décisions.  Pourquoi l’autonomie numérique serait-elle le seul domaine dans lequel nous considérerions qu’il suffit de remettre un smartphone connecté à un enfant pour qu’il sache immédiatement se débrouiller ?

Le bon objectif n’est donc pas :

« pas de réseaux sociaux avant 15 ans, puis bonne chance »

Les années précédentes doivent servir à apprendre :

– Ce qu’est un algorithme et le comprendre.

– Reconnaître une publicité déguisée (Big sujet) .

– Savoir bloquer quelqu’un (ca ils sont plutot douées pour).

– Protéger ses données (beaucoup moins…).

– Ne pas envoyer une photographie intime sous pression (la base…Voire pas envoyer de photographie intime du tout, pression ou pas pression… histoire d’éviter un futur « revenge-porn » ou « diffusion non consentie de contenus intimes » en français dans le texte.)

– Identifier un contenu qui cherche à manipuler. (+ complexe celui là… parce qu’on rentre dans les fakes news, radicalisations…)

Et surtout savoir vers quel adulte se tourner lorsque quelque chose dérape.Retarder l’accès doit permettre de préparer l’autonomie, pas d’organiser l’ignorance.  Retarder l’accès peut aider. Éduquer reste indispensable.

Mais surtout : pourquoi toute la responsabilité reposerait-elle sur l’enfant et ses parents ?

 

Pendant des années, nous avons demandé aux parents de contrôler leurs enfants. Puis aux adolescents de « mieux gérer leur temps d’écran ». Puis aux familles d’installer des contrôles parentaux, de surveiller les horaires, de négocier, d’expliquer, d’accompagner.

Tout cela reste utile.

Mais pendant ce temps, les entreprises perfectionnaient des interfaces dont la réussite économique dépend notamment du temps que nous leur consacrons.

Il y avait tout de même quelque chose d’assez peu logique dans le partage des responsabilités. Imagine-t-on multiplier les publicités pour les fast-foods, rendre leurs produits toujours plus attractifs et omniprésents, puis considérer que toute la responsabilité repose sur le consommateur parce qu’on lui a rappelé de “manger cinq fruits et légumes par jour”. Après tout, c’est bien lui qui est devenu diabétique à force de boire du soda tous les jours ? Ah oui, pardon… Là aussi, on nous prend pour des billes.

Le parallèle n’est pas si éloigné de notre sujet. Dans les deux cas, on crée un environnement qui encourage certains comportements, puis on demande à l’individu d’être raisonnable face à lui.

Pour les réseaux sociaux, c’est exactement la même question : jusqu’où peut-on demander à un adolescent de “se contrôler” lorsque l’outil qu’il utilise a précisément été conçu pour retenir son attention ?

C’est là que la prévention doit changer d’échelle. Elle ne peut pas reposer uniquement sur l’éducation des enfants et la vigilance des parents. Elle doit aussi entrer dans le design même des plateformes.

Faut-il vraiment un scroll infini pour les mineurs ?

Des notifications la nuit ?

Des compteurs publics de likes ?

De l’autoplay permanent ?

Les mêmes algorithmes de recommandation à 12 ans et à 25 ans ?

Probablement pas…

breaking news : les adultes vont devoir poser leur téléphone aussi

Et voici probablement la partie la moins populaire de cet article. Il est difficile d’expliquer à un adolescent qu’il doit réduire son temps d’utilisation de téléphone alors que nous avons les yeux rivés sur notre propre écran…  le problème ne s’arrête pas à 15 ans. Ces mécanismes fonctionnent aussi bien sur nous !

Nous avons énormément parlé du « temps d’écran des enfants ». Curieusement, beaucoup moins du nôtre. Pourtant, regardez autour de vous dans un métro, dans une salle d’attente, dans une file, au restaurant… Ou regardez simplement votre main la prochaine fois que vous aurez trente secondes sans rien à faire : 

Tiens un Téléphone ! 

Il serait donc beaucoup trop confortable d’imaginer que nous avons affaire à un problème de cerveau adolescent. Nous avons affaire à des technologies extrêmement efficaces pour capter l’attention humaine. L’adolescent est plus vulnérable à certains de leurs mécanismes, mais l’adulte n’est pas immunisé.

  • Un enfant qui raconte sa journée pendant que son parent répond à un mail apprend quelque chose.
  • Un adolescent qui voit un adulte interrompre chaque conversation dès qu’une notification apparaît apprend quelque chose.
  • Un dîner pendant lequel quatre téléphones sont posés sur la table raconte également quelque chose de notre rapport au numérique.

Il ne s’agit pas de vivre à la bougie ni de transformer chaque soirée familiale en retraite monastique.

Mais quelques règles simples ont du sens : des repas sans téléphone, des moments réellement disponibles, des chambres sans smartphone la nuit.

Donner l’exemple reste probablement l’un des contrôles parentaux les plus efficaces.

Il faut surtout rendre le monde réel désirable

C’est la partie du débat la plus négligée… 

Que fait un adolescent lorsqu’il passe moins de temps sur les réseaux sociaux ?

Idéalement, il retrouve ses amis. Il marche, il fait du sport, il discute, il se retrouve sur un banc, il traîne un peu.Bref, il vit son adolescence. Mais encore faut-il qu’il puisse le faire.

Nous avons parfois une étrange contradiction collective. Nous nous inquiétons de voir les adolescents enfermés dans leur chambre devant leur téléphone. Puis on s’enflamme lorsqu’ils sont cinq dehors sur un banc. Nous leur disons :

Sortez .

Puis :

 » Ne restez pas là. »

« Ne faites pas de bruit. »

« Ne traînez pas devant l’immeuble. »

On ne peut pas sérieusement vouloir faire reculer la place du numérique sans se demander : quelle place physique nous accordons aux adolescents dans la société.

Faire des villes à hauteur d’enfants… et d’adolescents

La santé des jeunes se joue aussi dans l’urbanisme.

Une ville largement occupée par la circulation automobile, le stationnement et les déplacements rapides est une ville dans laquelle les enfants et les adolescents disposent finalement de peu d’espace pour acquérir leur autonomie.

Limiter la circulation automobile lorsque cela est possible, sécuriser les déplacements à pied et à vélo, créer des rues apaisées, des parcs, des terrains de sport accessibles, des points d’eau, de l’ombre, des places et simplement des bancs : tout cela peut sembler trés éloigné d’un procès contre Meta.

Ça ne l’est pas ! Parce que l’alternative aux réseaux sociaux n’est pas le vide. L’alternative, c’est la vie sociale réelle. Et celle-ci a besoin d’un espace.

Nous parlons de plus en plus de villes « à hauteur d’enfant ». Il faut aller plus loin et penser également « la ville à hauteur d’adolescent » : une ville dans laquelle on peut progressivement se déplacer sans ses parents (Merci Mesdames & Messieurs les Maires de faire des pistes cyclables continues & sécurisées dans toute la ville), rejoindre ses amis, s’asseoir quelque part et occuper l’espace public sans avoir nécessairement besoin de consommer.

Il faut aussi changer notre regard. Des adolescents présents dans l’espace public ne sont pas automatiquement le signe d’un problème ou d’une dégradation du quartier.

Bien souvent, ils sont exactement le contraire.

Ils sont le signe d’un quartier vivant, d’un espace dans lequel plusieurs générations existent, d’une ville où les jeunes peuvent encore se rencontrer ailleurs que sur une plateforme.

Une société dans laquelle les adolescents ne sont pleinement acceptés qu’à l’école, chez eux ou dans une activité encadrée ne peut pas ensuite s’étonner qu’ils investissent massivement les espaces numériques.

Et si on veut reprendre le controle des reseaux sociaux alors que mon ado a déjà Instagram, Snapchat ou TikTok ?

Nous voilà dans le dur du programme.

Pour un enfant qui n’a jamais eu de réseau social, la règle est relativement simple : on retarde l’entrée.

Pour un adolescent qui utilise Snapchat depuis deux ans, c’est une autre histoire.

Supprimer son compte ne signifie pas seulement retirer une application.

Cela peut vouloir dire quitter le groupe où s’organisent les sorties, perdre certaines conversations, certains codes partagés, voire une partie importante de sa vie sociale.

La réponse :

« La règle change. Donne-moi ton téléphone. »

produira probablement beaucoup de colère…. Et éventuellement un nouveau compte clandestin quelques jours plus tard.

L’objectif n’est pas de gagner une bataille contre son adolescent. L’objectif est de l’aider à modifier un usage.

Il faut donc commencer par reconnaître que ce qu’on lui demande n’est pas anodin.

On peut lui dire :

« Je sais que tu t’en sers pour parler avec tes amis et que ça va être difficile. Je ne pense pas que ce soit idiot ou sans importance. Mais on va réfléchir ensemble à la manière de faire. 

 

Reconnaître la difficulté ne signifie pas renoncer à la limite. Au contraire, c’est souvent ce qui permet de la tenir.

Il faut ensuite comprendre ce que l’adolescent utilise réellement.

  1. Est-ce Snapchat pour maintenir un groupe d’amis ?
  2. TikTok deux heures par soir ? Instagram pour suivre quelques comptes ?
  3. Une messagerie essentiellement utilisée pour organiser les sorties ?

Ce n’est pas la même chose.

L’idée est de « dissocier autant que possible la relation sociale du réseau social ».

Récupérer les numéros importants. Déplacer certaines conversations vers des moyens de communication autorisés. Prévenir les amis. Sauvegarder les photos ou souvenirs auxquels l’adolescent tient.

Et lorsqu’un usage est très installé, mieux vaut souvent organiser la transition que mettre en scène le grand sevrage familial du dimanche soir.

Une limite peut être ferme sans être brutale.(Il le faut d’ailleurs) Il faut également accepter quelque chose de difficile pour les parents : votre adolescent peut être très en colère alors même que vous prenez une bonne décision.

L’éducation comporte cette ingratitude particulière.

Un parent peut poser une limite raisonnable et entendre pendant quarante-huit heures qu’il vient personnellement de détruire toute la vie sociale de son enfant.

En général, on s’en remet en tant que parent…  d’ailleurs, il n’est pas nécessaire que l’adolescent trouve la limite formidable.

Il faut pouvoir entendre sa frustration, expliquer la règle et rester cohérent.

En revanche, surveiller ne doit pas devenir espionner.

Vérifier qu’un compte a été supprimé ou qu’une application n’est plus installée ne signifie pas nécessairement lire tous ses messages.

À 13 ou 14 ans, l’intimité reste nécessaire.

La logique change évidemment lorsqu’il existe un danger précis : harcèlement, prédation, partage d’images sexuelles, menaces ou risque suicidaire. Dans ces situations, la protection prime.

Mais dans la vie quotidienne, le meilleur objectif reste que votre enfant puisse venir vous montrer spontanément quelque chose qui lui fait peur.

Retirer les réseaux, ce n’est pas remplir chaque minute à leur place

Si deux ou trois heures se libèrent dans la journée d’un adolescent, il faut évidemment qu’elles puissent être réinvesties :

– Voir davantage ses amis.

– Les inviter à la maison.

– Faciliter une sortie.

– Autoriser un peu plus d’autonomie.

– Faire du sport.

Mais il faut peut-être aussi réhabiliter quelque chose que nous avons progressivement transformé en anomalie :

le droit de s’ennuyer.
 

Nous dégainons aujourd’hui notre téléphone à la moindre attente. Dix minutes dans un train, cinq minutes avant un rendez-vous, trois minutes dans une file : il faut immédiatement remplir le vide.

Pourtant, l’ennui n’est pas forcément du temps perdu.

C’est aussi l’espace dans lequel on rêvasse, on imagine, on invente, on observe, on cherche quoi faire. Chez l’enfant et l’adolescent, ces moments sans stimulation permanente participent à la construction de l’imaginaire et laissent davantage de place à la créativité.

La créativité a parfois besoin d’un peu de vide. Tout le temps libéré des réseaux sociaux n’a donc pas besoin d’être immédiatement remplacé par une activité éducative, sportive ou « utile ».

Un adolescent a aussi le droit de ne rien faire.

Et peut-être même de réapprendre à ne rien faire sans automatiquement prendre son téléphone.

J'allais oublier : Ne faisons pas des réseaux sociaux les responsable universel du mal-être adolescent

Et il serait dangereux de le prétendre. Le mal-être des jeunes est multifactoriel :

Il se joue dans les familles, l’école, la précarité, les violences, le sommeil, les discriminations, l’environnement, la possibilité de se projeter dans l’avenir et la place que notre société leur accorde.

Les réseaux sociaux n’en sont qu’une pièce

Mais lorsqu’un environnement comporte un risque évitable pour des enfants, notre responsabilité collective est aussi d’essayer de le réduire. La décision du Conseil constitutionnel ne devrait donc pas clore le débat français, elle devrait nous obliger à le rendre meilleur. D’ailleurs, le procès qui s’ouvre aux États-Unis pose une question dont nous aurions tort de penser qu’elle ne concerne que Meta, ou seulement les moins de 15 ans :

jusqu’où acceptons-nous que notre attention devienne une ressource que des plateformes cherchent en permanence à capter ?

Protéger davantage les enfants est indispensable. Mais protéger les jeunes, ce n’est pas seulement leur apprendre à mieux utiliser les réseaux sociaux. C’est aussi demander aux plateformes de mieux les concevoir.

Et surtout, ne pas oublier une évidence : si nous voulons que les adolescents passent moins de temps dans les espaces numériques, encore faut-il leur donner envie de revenir dans le monde réel.

Parce qu’au fond, la question n’est peut-être pas seulement :

comment faire sortir les adolescents des réseaux sociaux ?

Elle est aussi :

dans quel monde réel leur proposons-nous de revenir ?

 

Sommeil entravé, les écrans qui vampirisent le temps et l’attention de nos enfants, le harcèlement qui guette… comment déjouer les pièges en ce début d’année scolaire ?

Ca y est, cette semaine nous avons renvoyé nos têtes blondes et moins blondes à l’école, à la maternelle, Élémentaire, collège, lycée… Disons qu’on les a accompagné jusqu’à la 6e, après il y a de fortes chances pour qu’ils aient eu envie d’aller seuls au collège et non pas accompagnés de papa et/ou maman. C’est à priori un bon signe.

Le soir on les accueille avec bonne humeur (sans trop en faire non plus… normal en somme)  et on ne saute pas sur l’occasion d’inonder chacun de vos enfants d’une myriade de question du genre : tu es à côté de qui ? Il ne parle pas trop pendant la classe ?! … On laisse venir les impressions de cette première semaine.  Pour lancer les choses, on peut parler de sa rentrée d’adulte, comment s’est passé cette semaine de travail, est-ce qu’il y a eu des choses particulières et ce qui nous a marqués ou ce que l’on a bien aimé faire ou au contraire ce que l’on aimerait changer et comment on pourrait le faire… ça permettra à votre enfant de prendre part à la discussion de manière plus intuitive.

Et finalement de se sentir grandir, à pouvoir se comparer aux adultes. Même si ce n’est que l’espace d’une discussion.

Pour autant, parce que le merveilleux processus qui va transformer nos tout petits est encore loin d’être finis. On prends le temps en ce début d’année scolaire de faire le point sur quelques petites choses qui ont toute leurs importances et peuvent être de véritable piège : le sommeil, le harcèlement, les écrans, la confiance en soi

Le sommeil :

On capitalise sur le travail de recadrage des horaires veille/sommeil que l’on a mis en place depuis une à deux semaines maintenant et on reste ferme sur les horaires. Un enfant, tout comme un adolescent a besoin de sommeil. Il y en aura toujours un pour vous dire « Je ne suis même pas fatigué »… tant que vous n’obtenez pas la même réponse le matin à l’heure de se lever pour partir à l’école, il est hors de question de faire changer l’heure du coucher.

Un « Oui, mais au collège tout le monde se couche à 22h !! » ne vaut pas pour un argument valable. D’autre part c’est souvent faux.  Si chaque nuit est une misère… que ce soit pour s’endormir ou à cause de réveils nocturnes. Il est de bon ton de se pencher sur le pourquoi du comment. Dans un premier temps, on explore les règles hygièno-diététique du sommeil.  On en parle ici :

Mais pour faire un condensé résumé, on peut dire qu’en 2026 notre sommeil est challengé par notre mode de vie… une luminosité artificielle (de nos rues) comme de nos intérieurs bouleversent notre horloge biologique… Oui la mélatonine, l’hormone du sommeil, censé opérer un véritable coup de balai dans nos réflexions et pensées n’entre seulement en action dans l’obscurité. Autant vous dire que l’arrivée des écrans dans nos soirées n’aide pas. Notamment chez ados  qui scrollent sur un téléphone portable (donc écran plus petit, et donc plus près de nos yeux

On peut y rajouter notre absence d’activité physique au quotidien qui nous prive de la fatigue physique… qui aurait plutôt tendance à nous faire dormir « comme un bébé » . Dommage, à la place on se récupère une fatigue psychique… qui est insomniante bien sûr. (Sinon, ce n’est pas drôle). Ce sont les fameuses « ruminations anxieuses » du soir qui nous amène à rallumer le portable parce qu’il « y en a marre de tourner en rond et autant faire quelque chose ». Donc re-écran…

Pour ceux qui se disent, bah ça ne me concerne pas, je vais à la salle à 19h… rappelons nous que l’activité sportive en fin de journée, aura tendance à vous maintenir éveillé pour les quelques heures suivantes. Oui j’avais dit que notre sommeil pâtit de notre mode de vie.

Les écrans :

… Ces écrans formidable outil peut devenir, on le sait tous, un gros problème. Problème d’addiction, de sommeil, de harcèlement… bref  un petit bonheur. Pour savoir ce qu’il est pertinent de faire, il y a une règle toute simple des 3, 6, 9 et 12 ans.

En gros c’est avant 3 ans pas d’écran… oui je sais ça les calme et ils ne crient plus en courant partout dans l’appartement. Ce n’est pas une raison suffisante ou plutôt c’est une raison suffisante pour ne pas les mettre devant un écran.

Chez les tout petits, l’écran est hypnotique (et un peu les plus grands soyons honnête, il n’y a qu’à voir leurs airs hagards et leur bouche ouverte devant la tv) et saborde toute capacité d’attention. Oui, 15 min de Gulli le matin avant d’aller à l’école (faut bien avoir le temps de s’habiller ou de s’occuper des frères et sœurs) lamine littéralement la capacité d’attention de votre tout petit pour la matinée… c’est ballot, c’est le matin qu’ils apprennent le plus à l’école.

Entre 3 et 6 ans : Des écrans avec parcimonie et en temps partagé. On regarde un reportage sur la nature, les animaux… tout en en parlant ensemble. Ou alors des premières parties de console de salons adaptée à leurs âges. Hors de question d’aller jouer tout seul dans la chambre avec la tablette ou la mini console !!

J’opterai pour une partie de fruits à couper au sabre ou petits jeux de la Wii. Le graphisme est doux, rond, les couleurs sont non agressives et c’est un jeu familial.

De 6 à 9 ans : Commençons à développer le concept « outil » de l’écran… On prend des photos, on commence les premiers jeux de codage, on se sert d’internet pour aller chercher des infos sur ces centres d’intérêt… que cela soit le moyen-âge, comment construire une cabane dans le jardin avec un plant de haricot, Spirou ou les mangas… On ne laisse pas son enfant tout seul face à un écran (surtout s’il est connecté à internet). C’est une activité qui se passe dans le salon, pas loin du regard parental.

De 9 à 12 : pas de réseaux sociaux. D’ailleurs à ce propos, une loi du 7 juillet 2023 a institué la majorité numérique à 15 ans pour s’inscrire sur les réseaux sociaux.

L’objectif non caché étant de diminuer l’incidence du cyberharcèlement chez les plus jeunes/vulnérables.

Le harcelement :

Véritables fléaux de la société, le harcèlement se décline également en milieu scolaire et d’ailleurs ça en est un peu le berceau… une double raison pour être attentif à cette thématique… Gros piège des années scolaires. S’il faut retenir une chose, c’est : FAISONS DE LA PRÉVENTION. N’attendons pas que cela touche nos enfants, mais parlons-en à la maison. Ça aura le double objectif de :

1 – décrédibiliser le silence imposé par le harceleur

2 – Poser un interdit sur l’idée « d’embêter » les autres et ainsi pouvoir réagir (plutôt que suivre) s’il est témoin d’un harcèlement à l’école.

Le harcèlement on en parle ici :

Valoriser les apprentissages :

L’école et l’année scolaire c’est aussi des apprentissages, et des expériences positives à vivre. L’amitié, les rencontres, l’amour parfois, l’inspiration… Bien sûr que si, quand les petits vous reviennent de l’école en disant vouloir être maitre ou apiculteurs (après avoir passé l’année avec l’association scolaire à la ruche municipale) c’est de l’inspiration.

De belles émotions pour travailler la motivation. Ce qui est important cette année c’est de faire passer le message :

Ce que tu apprends, c’est pour toi !

Alors on peut le verbaliser, concrètement ça n’a pas grand impact. Ce qui est important c’est de le faire comprendre dans les faits et dans la vie de tous les jours.

On se renseigne sur le programme (incognito ou pas) et on organise des sorties familiales où on va pouvoir valoriser celui qui sait… Comment reconnaitre la reine d’un essaim d’abeilles, les rois de France, le débarquement, le changement climatique … Bref on innove et on valorise le savoir. C’est très bon pour l’estime de soi, la motivation et la compréhension du « tu travailles pour toi » qui soyons honnêtes est un peu abstrait pour les plus jeunes (et parfois les moins jeunes)

Pour les enfants qui ont besoin d’aides pour les devoirs ou d’un cadre pour commencer à faire les devoirs… une règle : on ne s’énerve pas ! Si ça ne passe pas avec nous, on embauche un étudiant ou on va voir la voisine ingénieur à la retraite… (Vous ne soupçonnez pas le potentiel caché de votre rue et de vos voisins.) Afin d’éviter que les devoirs deviennent un sujet de conflit à la maison qui risque de se répercuter sur l’ambiance générale de la maison.

Au milieu de tout ça, on tente de garder le cap tout en absorbant les chaos du quotidien… (On ne vit pas chez les bisounours, ça se saurait) et on parsème de moment sympa. On se challenge à préparer un katsudon avec l’ainée qui ne parle que du japon, on construit une extension à la cabane du jardin parce que ces enfants sont plus grands maintenant… ça donne l’occasion d’apprendre à manipuler les outils (en toute sécurité of course) et de réfléchir au « comment faire ? », on les récupère à la sortie de l’école pour un pique-nique surprise à la plage/au parc/près du torrent… on improvise un diner croque-monsieur fait par les enfants

Bref, objectif faire du quotidien un truc sympa (malgré la « To do » liste permanente). Alors c’est possible… en tous les cas, on peut essayer.  Ça profitera à tout le monde, et probablement nous en premier.

 

Préparer la rentrée

La rentrée approche, avec un peu de chance vous avez partagé 1,2 voire 4 semaines de vacances avec vos touts petits ou plus grands… Eux ont accumulé le double, parfois chez les grands-parents, qui disont le, ont largement revu leurs standards d’éducation depuis le temps où vous étiez vous mêmes enfants. « On n’est pas les parents, ce n’est pas à nous de faire leurs éducations. » Certes… ils n’ont pas tort sauf que le travail de l’année est à refaire… Ne jetons pas la pierre sur Papy & Mamy, tout le monde est bien ravi qu’ils soient présents et bienveillants.

D’ailleurs pendant les congés, on a un peu tendance a suivre le même principe… Alors si le petit dernier veut pique-niquer dans le jardin plutôt que manger à table (même si c’est sur la terrasse) on aura plus facilement tendance à accepter. «C’est juste une fois et puis c’est les vacances après tout !! » 

On a peut être du mal à s’en rendre compte (tant on est pris par la comptabilité du nombre de canicule de cet été), mais les vacances estivales se rapprochent dangereusement de la rentrée…

Pas question de commencer à stresser tout le monde, pas de récitation de la table de 7 (la pire !) ni de chronologie des Mérovingiens. Il est important de profiter de ces derniers jours de vacances et de se préparer en douceur.

Pour ceux qui stresse déjà un peu trop, le job cette année c’est d’apprendre à gérer ses émotions. On est bien d’accord, ca fait double emploi pour cette année scolaire, mais plus tôt on s’y met, mieux c’est. Apprendre à gérer ses émotions c’est littéralement un cadeau à se faire à soi-même, pour toute la vie. 

Dans « L’ Anxiété de mon enfant » aux éditions Mango, ici –>

on parle de :

Qu’est ce que l’anxiété ?

Le poids de l’environnement dans l’anxiété.

Mais surtout de comment faire reculer l’anxiété !! 

Ces 173 pages super ludiques et pratiques sont dispo en cliquant sur la couverture du livre ou dans votre librairie préférée

En attendant d’avoir le temps de faire un tour à la librairie et pour ce qui est de notre pré-rentrée…

Subtilement on se couche un peu plus tôt… Non, on ne sonne pas la retraite à 19h45 si ça fait 2 mois qu’ils se couchent à 22h47.  Il nous reste 2 petites semaines, on prend le temps et on avance le coucher de 10 min en 10 min chaque soir (plus ou moins en fonction de l’heure à rattraper) pour que la veille on soit à la bonne heure (disons 20h30 pour les primaires, 21h30 pour les collégiens). Si on doit gérer des problèmes de sommeil on peut aller lire ici pour trouver quelques astuces :

On commence doucement à évoquer la rentrée, toujours de manière positive.

Une fois réglée le décalage du coucher qui perfidement se met en place au cours des vacances, on passe sur le coeur du sujet.

On parle des copains de classe, c’est peut-être le moment d’inviter un copain que votre enfant n’a pas vu de l’été. On parle de la classe verte qui va se passer pendant l’année, des sujets qu’ils vont apprendre cette année et qui les intéressent, la reprise des activités extrascolaires… (Si si en cherchant bien, il y a toujours qqch.)  Si la rentrée est difficile pour certains, on essaie de programmer quelques sorties familiales qui plaisent à tout le monde pas loin après la rentrée, pour que l’on puisse se projeter sur quelque chose de positif. Que cela soit un pique-nique sur la plage le vendredi 4 au soir, ou une soirée crêpes le soir de la rentrée… 

Pour en revenir à la rentrée, la veille au soir, on prépare ensemble les vêtements pour le matin. Cela nous évitera de perdre du temps en discussion, argumentation, obligation le lendemain à 7h58…  Et au mieux, ça deviendra une bonne habitude. Of course, on fait la même chose pour le cartable. D’autant plus qu’en ayant anticipé cette année, les cahiers sont déjà prêts et sur le bureau. On peut prendre le temps avec eux de les décorer, que ce soit sur la couverture intérieure ou extérieure… c’est un bon moyen de s’approprier son materiel.

On fait attention tout de même, de ne pas se transformer en « écolier publicitaire » qui pose la double problématique du « avoir » plutôt que « être » de manière insidieuse , et d’autre part ces stickers Disney ou pat patrouille tout partout c’est pas top niveau concentration… 

Le jour de la rentrée

Le jour de la rentrée, on met le réveil 15 min en avance par rapport à l’heure initialement programmée. Oui, on veut tous qu’ils dorment le plus longtemps possible… mais on veut surtout que ce premier matin se passe bien. C’est à dire pas de cri, pas de rush… donc on prend son temps. Les 15 min de sommeil « perdu » sont largement compensées par l’ambiance zen qui règne lorsqu’on a le temps.  Donc on ne culpabilise pas d’avoir mis le réveil à 7h15 et non pas à 7h30. Soyons honnête se réveiller à 7h50 pour être à l’école à 8h20 (même si elle est au bout de la rue) est illusoire.

On prend donc le temps de se réveiller en douceur, de petit déjeuner ensemble et de partir à l’école sans devoir courir parce qu’on est en retard… déjà. On peut même réveiller la Bree Van de Kamp qui sommeille en nous et en profiter pour faire des pancakes maison… ça mettra tout le monde de bonne humeur. Surtout si c’est papa qui les fait ! Pour la best recette des pancakes ever c’est par là :  

Bon perso j’y rajoute des myrtilles et je mets pas le beurre fondu sur les pancakes… il y en a déjà assez dans la recette anyway. Bien sûr on peut aussi tenter le pain perdu ou le breakfast continental… chacun ses préférences, mais on tente de marquer le coup avec quelque chose de particulier pour ce petit dej du mardi 1 septembre.  

Au retour de l’école, cela serait bien si exceptionnellement vous puissiez rentrer pas trop tard et partager ce temps de « l’après ».

Certains enfants parlent spontanément de leurs journées, ce n’est pas le cas de tous. Pour les récalcitrants de la parole on peut les aider avec quelques questions sympas.

– Qu’est ce que tu as vu de plus rigolo aujourd’hui ?

– Est-ce que tu peux m’apprendre ce que tu as préféré apprendre aujourd’hui ?

– C’était quoi le truc le plus bizarre de ta journée ?

– A quel jeu vous avez joué avec tes amis à la récréation ?

– Quel enfant est ton opposé dans ta classe ?

– Pourquoi tu penses que c’est ton opposé ?

– Quelle activité aimerais-tu maitriser cette année ?

– La plus grosse bêtise que tu as dite aujourd’hui ?

– La plus grosse bétise que j’ai dite aujourd’hui ? … au choix (plus quelques autres selon votre appréciation) et oui vous participez au jeu, cela sera moins perçu comme un interrogatoire en règle, et cela sera plus sympa.

Pour les plus petits, vous pouvez leur proposer de jouer à la maitresse ou au maitre. Votre enfant dans le rôle de l’instituteur, et vous en élève… cela devrait vous donner une bonne idée de ce qu’il se passe en classe. Pour les petits, c’est plus simple de reconstituer la scène que d’en parler. En jouant à la maitresse/maitre votre enfant vous racontera sa journée sans s’en rendre compte. Vous pouvez mettre à contribution les frères et soeurs plus grands (pour nourrir le banc des élèves) s’il y en a.

Nos écrans partagés

Important également, l’absence d’écran pendant les temps partagés du retour d’école. Je ne parle pas de nos ados (encore que), mais surtout de nous, parents hyper/trop connectés. Oui je sais, « c’est pour le boulot, c’est urgent »… sauf que :
– Vous perdez toute votre légitimité à demander à vos ados (oui, cette fois-ci c’est bien d’eux que l’on parle) d’arrêter le portable lorsque vous êtes ensemble.

– Ce temps partagé que vous perdez, vous risquez également de le payer quelques demi-heures plus tard quand vos touts petits ne voudront pas aller se coucher… estimant qu’ils n’ont pas passé assez de temps avec vous ce soir. Et le/la voir sortir de son lit une bonne quinzaine de fois avant de se décider à y rester. À noter que vous vous exposez à la même « réponse » si vous rentrez de manière systématique à la maison après 20h alors qu’ils sont censés se coucher à 20h15.

Et puisque l’on parle de portable : oui, il faut poser des limites.

Le Conseil constitutionnel a retoqué l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Mais cela ne règle évidemment pas la question à la maison.

Un enfant ou un adolescent n’a pas encore les mêmes capacités qu’un adulte pour résister à des outils conçus pour capter son attention. Attendre qu’il « se régule tout seul » est donc assez illusoire.

Horaires, repas sans téléphone, pas d’écran dans le lit, règles adaptées à l’âge : ce cadre reste nécessaire.

Même s’il vous explique que « tous les autres ont le droit ».

Et même si, pour être crédible, il faudra parfois commencer par poser votre propre téléphone.

On en reparle tout bientôt.

Oui, il y a un idéal (comme partout) et il y a aussi le principe de réalité… faire concilier les deux est un peu le challenge de chaque rentrée. Parce que chaque enfant est différent, il n’y a malheureusement pas de solution miracle applicable à tous, mais ces quelques principes de bases devraient vous permettre de faire de la rentrée autre chose qu’un moment de stress…

Et si on passait une bonne rentrée scolaire cette année ?

Pour les plus motivés, c’est le moment de se lancer dans l’évitement des pièges de la rentrée : les écrans, les problèmes au moment du sommeil et le harcèlement… on en parle ici : 

La canicule/chaleur : mode d'emploi

En 2003, nous pouvions prétendre à la naïveté, mais en 2026 nous sommes rompus à l’exercice. Pour continuer à apprécier l’été, il va nous falloir nous adapter à la canicule ou grosse chaleur… voire chaleur tout court !. Comme chacun le sait, nous ne pouvons pas nous adapter. 40°c c’est difficile à supporter et cela le sera toujours l’année prochaine ! Par contre, on se doit d’adapter nos lieux de vie et surtout nos villes… dès aujourd’hui. 
Mais pour ce soir et en cette période de chaleur… après ce mois de juin qui nous emmène bien trop loin dans les hauteurs du thermomètre.  Ces gestes basiques (d’ici et maintenant) restent essentiels : 

  • S’hydrater beaucoup (éviter la déshydratation),

     

  • Pas d’alcool (ça déshydrate)… oui le fait de penser à une bière fraiche en période de chaleur est une pure invention de la pub… du marketing pathogène. 
  • manger suffisamment (surtout des légumes et fruits de saison. C’est plein d’eau, c’est frais et on évite l’écueil du trop gras/trop sucré à éviter pour notre corps en surchauffe).
  • Bien sûr on limite l’activité physique pendant les heures plus chaudes (c’est pas le moment de construire la cabane des enfants au fond du jardin) si possible (certains n’ont pas cette chance : en 2020 sante publique France a comptabilisé 12 « accidents du travail mortels » en lien possible avec la chaleur).
  • Rafraichir la maison… aérer le matin (le moment le plus frais de la journée est théoriquement la demi-heure après le lever du soleil : donc 6h30, oui c’est un peu tôt) et maintenir la fraicheur de la maison pendant la journée en fermant volets et fenêtres.
  • On peut également choisir de vieux draps de coton épais qui restent frais en été, dormir au doux son du ventilo/clim et avoir un torticolis le lendemain…  

Mais finalement ? 

Les records de chaleur continuent de tomber à l’échelle mondiale. Les onze dernières années sont désormais les onze plus chaudes jamais enregistrées.

En France, une période ponctuellement fraîche ou pluvieuse ne remet pas en cause la tendance de fond. Le printemps 2026 a d’ailleurs été le plus chaud observé depuis 1900, avec une température moyenne supérieure de 1,7 °C aux normales.

L’été 2025 avait déjà été le troisième plus chaud jamais enregistré en France. Plus de 5 700 décès ont été attribués à la chaleur sur l’ensemble de la saison estivale. Et 2026 confirme cette évolution, avec une première vague de chaleur nationale dès le 17 juin. Après 2003, 2015, 2018, le record de 46 °C près de Montpellier en 2019, puis les étés 2022 et 2025, ce qui était présenté comme exceptionnel tend à devenir récurrent.

C’est l’une des signatures du changement climatique : les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus précoces, plus longues et plus intenses. Et elles ne sont qu’un aspect de ses conséquences sanitaires. Pour en mesurer l’ampleur, je vous renvoie à ce condensé consacré aux effets du changement climatique sur notre santé

Bon parce qu’au milieu de tout ça notre santé mentale, je pense que vous vous en êtes rendu compte tout seul, la (canicule) chaleur… elle n’aime pas. La chaleur fatigue, ajoute une contrainte (qui challenge nos limites physiologiques) et non des moindres, sur notre quotidien déjà surchargé.
Elle rend irritable (certaines études montrent un comportement plus violent lors des épisodes de chaleurs… Génial !) et nous enferme de nouveau dans un « ici et maintenant » insupportable… un écho de nos confinements finalement pas si lointain dont nous n’avions clairement pas besoin).
le tout combiné à une éco-anxiété grandissante dont on ne sait plus ignorer l’alarme aigue et continue. Bref le cocktail idéal pour réactiver angoisses et décompenser d’autres syndromes… tel que trouble de l’humeur, automutilation, psychose ou (re)plonger dans la tentation à certaines addictions. Oui la santé mentale, personne n’en parle, mais elle a pourtant un impact majeur qu’il va falloir apprendre à anticiper. 

 

Nos lieux de vie face au changement climatique

Pour anticiper, la meilleure méthode c’est la prévention : Eviter la situation problématique donc.
 En ce qui concerne les canicules et la chaleur en général, comment éviter la situation ?
On a bien sûr l’option travaillant à la 
réduction de nos gaz à effets de serre, cela aidera pour les canicules suivantes suivantes suivantes, mais dans le ici et maintenant j’ai peur que ça ne nous aide pas. On se tourne alors vers l’adaptation.


Parce que c’est bien gentil le coup du verre d’eau et du ventilo, mais est-ce bien raisonnable de s’en contenter ?
Qu’a-t-on fait évoluer en vingt ans ? Comment avons-nous adapté nos habitats et nos villes ?
Il est vrai que la canicule/chaleur s’invite partout sur le territoire, mais elle est particulièrement aidée par le phénomène d’« ilot de chaleur » qui emprisonne les zones urbaines. Tout simplement par le phénomène d’absorption des radiations solaires par les matériaux…sombre bien souvent. On le sait, les couleurs sombres captent plus la chaleur. Les toits de paris en zinc gris, si beaux que certains veulent les faire classer patrimoine mondial chauffent à 89°c en plein soleil un jour d’été.  Le bitume de nos routes, parking, de nos trottoirs, de nos cours d’école (pas encore transformé en cour oasis…) absorbe une chaleur qui nous est restituée par la suite. Une chaleur qui s’accumule jour après jour et qui s’additionne au « petit » degré supplémentaire dut à l’utilisation massive des climatiseurs (pour ceux qui en ont)… aggravant les inégalités sociales, cette fois devant « l’accès à la fraicheur ». (Le véritable challenge du XXI°s au milieu d’une multitude d’autres, pourtant déjà primordiaux, est l’inégalité sociale qui s’invite dans chacun d’entre eux, en les aggravants d’autant plus)

Le vert à la rescousse

Pour limiter cette chaleur, on appelle la végétalisation à la rescousse. Dans nos habitats, et dans nos villes. On pense souvent à la ville, mais 68% d’entre nous habitent une maison individuelle. Et déjà, on peut penser à comment adapter notre maison aux prochaines canicules. La végétalisation des façades par une glycine, vigne vierge, du houblon… au choix va permettre une interception, absorption et réflexion d’une partie du rayonnement solaire par le feuillage. On y gagne donc en confort thermique et confort sonore. Oui ça atténue les sources de bruit…  on touche à l’enjeu princeps de l’adaptation de notre habitat à la chaleur : on est doublement gagnant.  (On y reviendra plus tard). Cependant, si ce n’est le houblon qui a une croissance exponentielle, végétaliser sa façade la plus exposée, cela s’anticipe. Et pourquoi pas maintenant ? Certains diront qu’il ne faut pas « abimer » la façade… Les plantes grimpantes abiment les vieux enduits sur les vieilles façades, bref des murs déjà abimés en somme. Et si on veut vraiment garder sa façade abimée telle quelle on peut toujours tirer des treillis métalliques pour faire courir une clématite et qui ne touchera donc pas la façade, mais vous offrira son ombrage dés l’été 2027.

Pour nous autres citadins, on peut faire de même sur nos façades d’immeuble. Oui on peut végétaliser des façades d’immeuble. (Petite balade dans votre moteur de recherche s’impose : « façade immeuble végétalisée Paris » histoire de s’inspirer) Donc on ne loupe pas la prochaine réunion du syndicat et on milite pour du vert ! Ça rafraichira tout le monde et ça donne le sourire (in fine). Même combat pour les cours d’immeuble, où arbres et autres choses vertes à chlorophylles peuvent prospérer.

C’est là où l’on revient sur le côté transversal, la végétalisation de la ville, ça joue sur la biodiversité, la fraicheur, l’environnement sonore, l’esthétique, le moral des citadins… On gagne sur tous les tableaux. Et lutter contre la canicule c’est une lutte qu’il faut mener en coordination avec la lutte contre la pollution de l’air puisque la végétalisation nous aide dans ces deux combats

Réintroduire la nature autour de soi

Un arbre va utiliser l’énergie solaire, non pas en nous la restituant telle quelle, mais en fabriquant de la matière verte qui par le mécanisme d’évapotranspiration va rejeter de la vapeur d’eau dans l’atmosphère. C’est pourquoi la foret (tropicale) génère la pluie… Donc en détruisant la forêt, on diminue les pluies… en diminuant les pluies on réduit les chances de voir repousser la forêt… et ainsi de suite… Sans vouloir prétendre transformer Paris en jungle (ça l’est déjà par ailleurs), la végétalisation de celle-ci est hautement nécessaire. Aussi nécessaire que le fut en son temps la réorganisation de la ville par le baron Haussman. C’est pourquoi la végétalisation de la capitale si elle doit être efficace (il le faut), ne doit pas se limiter a 170 000 arbres (qui représente 5 ha sur les 10 500 de la ville), mais transcender le temps politique et s’inscrire dans la durée. Nous citoyens, sommes le fil d’Ariane de ce besoin de transformation de la ville. Au-delà des mandats, au-delà des conflits politiques. Pour changer le monde, il faut commencer par à côté de chez soi. Son balcon, sa fenêtre, la cour de l’immeuble, peindre en clair l’allée piétonne, piétonniser la rue en bas de l’immeuble (j’ai une requête spéciale pour la rue d’Alençon d’ailleurs), proposer des idées au budget participatif de la ville (demander à votre ville de faire un budget participatif), s’investir dans les associations de quartier… l’éventail des possibles est immense in fine.

Penser une architecture et un urbanisme sanitaire. Utiliser les spécificités de chaque ville pour en faire un atout. Nous n’avons pas besoin de centre-ville similaire à Londres, Paris, Sydney ou Pretoria, nous avons besoin de ville qui renoue avec leurs identités propres sans tomber dans l’écueil de la ville musée. 

Paris, est une des capitale les plus denses et vient de se doter d’un PLU (Plan local d’urbanisme) bioclimatique avec une politique d’incitation à la végétalisation pour trouver de la surface à verdir dans la ville. Mais qu’en est-il de l’optimisation de son sous-sol de carrière que l’on pourrait utiliser pour mettre en place des climatisations naturelle du bâtis par le biais de puits provençaux. Et cette petite ceinture on la valorise un jour ?

En somme, cesser de vivre dans une ville pathogène, rendre la ville agréable, reprendre la ville à l’automobile qui nous l’a volé il y a quelques décennies déjà.
En récupérant l’espace public vampirisé par l’automobile, on peut reperméabiliser les sols, accélérer la végétalisation, améliorer la vie de quartier, créer une ambiance village, lutter contre l’isolement social, contre la pollution de l’air, contre la canicule et contre le coup du verre d’eau et du ventilo…

De plus en plus on se plaint de son absence. On le cherche, on s’inquiète de ne plus le trouver et jour après jour on dépérit de sa disparition…  Les plus chanceux peuvent s’en jouer, faire semblant de l’ignorer et le retrouver fidèle au poste la nuit suivante. Mais tous n’ont pas ce luxe… Parce que c’est ce qu’il est devenu ; un luxe que l’on croyait acquis au point de ne pas y faire attention. Jusqu’au jour où il nous lâche sans crier gare… Lui dirait que cela fait des années qu’il nous envoie des signes que nous ne voulions pas voir, que nous le challengeons sans vergogne. Une vie où il n’a plus sa place. Choyé jadis, délaissé aujourd’hui… il s’en va.

 Mais au fait, c’est quoi le sommeil ?!

Au même titre que notre alimentation et la respiration, le sommeil fait partie des contraintes de notre humanité. Un indispensable, même si chacun de nous avons notre propre contrat avec Morphée. Certains ont besoin de 10h de sommeil par nuit, lorsque d’autres se contentent de 5h. Il y ceux qui aiment se coucher tôt et ceux apprécient par-dessus tout la grasse matinée. Le problème au milieu de tout cela, c’est que notre rythme de vie n’est plus du tout adapté au rythme naturel de notre sommeil.

Il n’est pas question de nier le caractère pathologique de certaines insomnies. D’ailleurs pour ceux qui s’en inquiète, on peut toujours explorer le réseau Morphée qui propose des évaluations et questionnaires sur notre sommeil de 0 à 77 ans… c’est par là :

Cependant avant de médicamenter (prendre des somnifères est globalement non pérenne) on peut repartir des bases sur lesquelles s’est construit le sommeil. Et par conséquent se pencher sur le concept d’hygiène du sommeil.  D’autant plus qu’avant d’avoir un rendez-vous dans un laboratoire du sommeil (parce que là-bas aussi, on manque de personnel médical), on a largement le temps d’explorer le concept. 

L'hygiene du sommeil

L’hygiène du sommeil c’est un peu comme remettre d’aplomb tous les rouages d’une horloge. Ça tombe bien, le sommeil c’est une histoire d’horloge, même plutôt deux d’ailleurs.

La première,  l’horloge « circadienne ». Fonctionne toute seule sur un rythme d’à peu près 24h qu’il nous faut resynchroniser tous les jours. Une sorte de mise à jour automatique qui s’opère sous les UV des rayons du soleil, un peu comme Wall-E en somme. Une partie de nous fonctionne à l’énergie solaire, notre physiologie est en avance sur la transition énergétique, d’autant plus que cela fonctionne même en plein janvier sous le ciel gris de Lille (pardon les Nordistes). En revanche il nous faut bel et bien sortir à l’extérieur parce que nos jolies fenêtres du XXI nous protègent bien du froid, mais aussi des UV. Mauvaise pioche pour notre resynchronisation donc ! Bref il nous faut nous motiver pour sortir !

La seconde est l’horloge homéostatique qui est conditionnée par les « donneurs de temps » : L’alternance jour/nuit, les heures des repas, du réveil, les rythmes sociaux en général… En résumé, des habitudes ! On pourrait dire que ce n’est pas important, mais malheureusement pour nous, ce système homéostatique est responsable du coup de balai des hormones de l’éveil… pour laisser place au sommeil ! C’est donc primordial. Et c’est bien en changeant les habitudes que l’on peut avoir un impact sur un sommeil aujourd’hui disparu. En 50 ans nous dormons 1h30 de moins… Notre mode de vie a changé trop vite pour que notre rythme ait eu une quelconque chance de s’adapter. Nous sortons tard du travail (parfois hostile, souvent pénible), avons parfois 1h30 de trajet, le télétravail qui nous fait confondre espace de vie et espace de travail, prendre un petit apéro le soir en rentrant pour décompresser, réviser les cours des partiels dans le lit ou bien y regarder une série, vérifier les mails du boulot (juste par habitude) au moment de poser le téléphone sur la table de nuit, vivre dans le bruit incessant et dans la lumière permanente… Rien de tout ça ne nous aide à bien dormir. C’est même plutôt l’inverse… Un schéma qui n’est pas un problème lorsqu’il est sporadique entraine insomnie d’endormissement et rumination anxieuse dans sa répétition, créant un cercle vicieux.

Retrouver le sommeil

C’est quoi le programme qui permet de retrouver le sommeil ? Tout d’abord il nous faut tabler sur la régularité et la pérennité. On ne retrouve pas le sommeil en 3 nuits, c’est un travail sur le long terme. Et c’est tout l’enjeu du changement… Nouvelles habitudes !

De manière assez intuitive, on peut se dire qu’il y a besoin d’activité physique pour bien dormir et c’est le cas. Une fatigue physique (notez que je ne parle pas de sport, mais d’activité physique) favorise l’endormissement, lorsque la fatigue psychique est insomniante. Il est assez aisé de descendre à une station ou deux avant son arrêt et faire le reste en marchant, prendre l’escalier plutôt que l’ascenseur, prendre le vélo pour aller travailler (oui, même en zone rurale, les élus servent à ça : changer les choses). À noter que l’objectif du vélo n’est pas de faire le tour de France chaque matin et d’arriver rouge et en sueur au bureau. Mais bel et bien de s’en servir comme d’un moyen de transport tout en faisant un minimum d’activité physique qui distille endorphines et bonne humeur au quotidien. D’autre part, cela coche également la case « lumière du jour » qui remet à l’heure notre pendule circadienne, c’est donc doublement bénéfique (voire plus, mais on en parlera une prochaine fois) !

Dans la journée, on essaie de garder un rythme, de voir des gens, de sortir au moins une fois par jour. Toujours relatif à notre besoin de lumière, mais aussi parce que nous sommes un animal social… et qu’à force d’être seul à la maison face à un écran (merci le télétravail), on va finir par trouver le silence assourdissant.

Le télétravail peut être, il est vrai, une facilité logistique, mais pour les petits espaces cela complique les choses. Travailler dans sa chambre, parfois sur son lit, risque de rendre plus flou le message au moment de sauter dans son lit. Le cerveau va finir par se demander si l’objectif est de travailler ou de dormir. Même combat lorsqu’on a pris l’habitude de finir la journée par une « petite série » (est-ce que Walking Dead prédispose réellement au sommeil ?).  Sans compter le petit côté anxiogène distillé par les films et séries de plus en plus glauques, les écrans qui nous les projettent (trop proche des yeux) sont pleins de lumière bleue qui n’a qu’un seul objectif : freiner notre sécrétion de mélatonine. La mélatonine c’est cette hormone du sommeil que notre cerveau sécrète lorsqu’on est dans l’obscurité… C’est pourquoi les écrans sont un problème, mais aussi l’éclairage public de haute intensité qui éclaire comme en plein jour notre chambre (merci la commune).

On termine donc la journée, dans une lumière douce (si possible dans les tons chauds), sans trop de bruit (oui c’est un vœu pieux, la pollution sonore est une plaie invisible…) et sans alcool. Désolée le verre du soir pour « décompresser » ne nous aide pas… Au début, on a l’impression que cela peut « faciliter » l’endormissement, mais en fait c’est plutôt le côté anxiolytique de l’alcool qui travaille. Mais petit à petit, il faudra une dose plus importante pour avoir le même effet… et in fine on a une consommation d’alcool plus importante qui va perturber la seconde partie de la nuit, mettre le bazar dans notre sommeil paradoxal… bref beaucoup d’agitation et cauchemars à la clef. On évite également le café et/ou le thé de la fin d’après-midi pour des raisons évidentes.

Une nuit pour tout changer

Un dernier détail… Le moment du coucher doit être notre meilleur moment de la journée.Peu importe qu’elle ait été la teneur de notre journée, il faut que le moment de se mettre au lit soit littéralement un « petit bonheur ». Cela veut dire qu’il faut peut-être remanier sa chambre. Si je suis de prédisposition anxieuse, je me débrouille de mettre le lit face à la porte, je prends un lit sans dessous de lit, un dressing sans porte (ou j’aménage la penderie pour qu’il n’y ait pas d’espace résiduel où mon inconscient peut imaginer des choses… ben oui, on vient de regarder « The Last Of Us » !). D’autre part, c’est probablement le moment d’investir dans des draps en coton chaud, qui sont chauds même en plein hiver, même si vous dormez seul(e). Que l’on peut conjuguer avec une chochotte (une petite bouillotte de grain de lin), que l’on met dans le lit le temps de prendre la douche et que l’on enlève après pour que cela ne soit pas trop chaud… les pieds n’aiment pas avoir trop chaud pour dormir. Dans le même esprit, on anticipe sur les canicules de l’été prochain (effectivement, je ne suis pas optimiste pour 2026, comment l’être ?) en récupérant les draps en vieux coton de votre trisaïeule (lourd & brodé de blanc à ses initiales) qui restent frais quoi qu’il arrive. On rajoute une petite lampe de chevet (et pas un spot LED), une liseuse… un roman, un essai ou une BD et on lit une petite vingtaine de minutes, après quoi on peut éteindre la lumière sans craindre l’absence de Morphée. On se reconstruit un rituel du coucher en quelque sorte.

Bien sûr on ne regarde pas son téléphone une dernière fois avant de dormir puisqu’on l’a laissé (sciemment) dans la cuisine/salon/entrée…

En résumé condensé le sommeil se prépare… pendant la journée. Et de la qualité et la régularité de notre sommeil dépendent notre santé. En effet, le Journal of the American Heart Association vient de publier des résultats évoquant des risques cardio-vasculaires plus accrus chez les personnes ayant un rythme de sommeil irrégulier.

  Et si ce trouble du sommeil concerne votre ado, peut être faut-il creuser plus loin et se poser les questions de l’environnement… les écrans, du harcèlement, un contexte difficile ? On en parle ici :

La violence n’est pas innée

Elle n’est inscrite dans aucun gêne ni aucune condition. La violence est acquise et apprise… par mimétisme.

La répression pour répondre à l’ultraviolence, c’est la loi de la jungle : « Œil pour œil, dent pour dent. ! » On répond à la violence par la violence, en espérant la faire décroitre.

La répression n’est pas une réponse à la violence des jeunes, mais à destination de la population. Il faut agir ! Vite, fort, reprendre le contrôle ! C’est relativement facile, pas très cher, temporellement acceptable sur le temps politique et cela donne l’impression qu’une réponse est donnée. Est-ce que cela donne des résultats ? C’est moins sûr.

La violence des jeunes est multifactorielle

Elle s’insère et s’inscrit dans les différentes sphères de la vie de ces jeunes. Du fonctionnement personnel à la société en général, à la manière d’une poupée russe.

Les facteurs de risques de la violence que l’on retrouve chez l’individu marquent l’impact qu’a le regard de l’autre sur la construction personnelle. On y retrouve l’échec scolaire de ce jeune qui ne trouve pas sa place dans un système compétitif, individualiste et formaté…, le TDAH (déficit d’attention et hyperactivité) qui complexifie encore le relationnel avec le système de manière général, et scolaire en particulier, ainsi que des troubles des conduites et/ou du comportement.

La relation avec les proches est la seconde enveloppe structurelle de la violence. On y retrouve le désinvestissement parental (par désintérêt ou par difficulté logistique de ces parents qui accumulent 3 jobs pour parvenir à boucler les fins de mois…), mais aussi l’autre côté du spectre avec une parentalité trop dure, des violences ordinaires éducatives, des injonctions incohérentes… 


La famille est un enjeu primordial dans la lutte contre la violence, c’est le cœur du sujet. L’espace psychique où se construit la « normalité » de l’individu. De fait, toute violence, qu’elles soient psychiques ou physiques (ou même « seulement » perçues), a la capacité de se répercuter sur les enfants et adolescents de la famille. Sur l’instant T, mais également dans le futur.

La discussion en famille/à l'école est la clef de la prévention

Parler en famille, demystifier la violence en tant que réponse. Trouver les clefs, expliquer comment faire autrement… c’est une habitude qu’il nous faut prendre dès le plus jeune âge… Oui, la violence est partout, et c’est pour cela qu’il faut en parler à nos enfants… afin qu’ils ne tombent pas dans son piège si bien rodé… On en parle ici sur l’exemple de « comment parler d’une attaque dans une ecole à mon enfant » ? 

Cette même logique de violence traverse chaque échelle : après l’individu et sa famille, elle s’enracine dans les communautés et les sociétés entières.

Les facteurs de risques que l’on retrouve au niveau des communautés font état d’inégalité de revenus au sein des sociétés, de la pauvreté, du chômage, de la qualité de la gouvernance de l’exécutif (que cela soit les lois et leur application, mais aussi de manière plus transversale les politiques d’éducations et de protection sociale). Mais aussi l’accès à l’alcool, aux drogues, armes à feu ainsi que la présence de gangs.

C’est bel et bien, cette accumulation de cadre de contrainte qui accouche de la violence.

L’être humain, né le plus immature de tous les mammifères, a tout à apprendre. Et lorsque la violence se retrouve à chacune des étapes de sa vie, que le monde des adultes dans lequel il doit se projeter ne propose pas grand-chose d’autre que cette même violence… Il est difficile d’y échapper.

De leur côté, les jeunes sont nourris aux réseaux sociaux qui travestissent le principe de réalité, tandis que le monde continue son fonctionnement dans l’indifférence générale : Absence de reconnaissance, management toxique, turn-over dicté par la productivité où l’humanité n’est qu’un concept, burn-out, licenciement abusif, exploitation, harcèlement administratif-moral-sexuel… Tous ces travailleurs, salariés ou libéraux sont aussi des parents, qui ramènent leurs frustrations, leurs colères et leurs souffrances à la maison. Ils n’ont alors plus le temps ni l’énergie psychique de prendre soin de leurs enfants comme il le devrait. Ils se retrouvent souvent avec le triple fardeau de la problématique au travail, la dérive de leurs enfants et la mise au pilori par le reste de la société.

Une société qui par ailleurs est spectatrice de relations internationales pas plus pertinentes, où des invasions sont lancées sur la base de traumatisme individuel et/ou collectif… où l’importance de la violence est tellement présente qu’elle ne fait même pas l’effort d’être en filigrane. Dans cette sphère, on retrouve encore une fois l’absence de reconnaissance, l’exploitation, le harcèlement moral et physique… dans l’indifférence générale, ce qui génère une violence devenue conflit.

Comment, dans un tel contexte, s’étonner qu’une partie de notre jeunesse suive ce chemin ?

Cependant avant de tomber dans le catastrophisme, dont certains partis politiques aiment nourrir leurs argumentaires, il faut tout de même avoir conscience que la violence des jeunes est en diminution au niveau global dans les pays à hauts revenus, dont nous faisons partie.

Par contre, nous, société, devenons intolérante à cette violence, alors qu’elle se banalise de plus en plus. À travers nos médias, nos loisirs (souvenons-nous du succès mondial de « Squid Game »), nos écrans. Une façon de la mettre à distance. Comme la répression propose de le faire… l’internat, la prison est une mise à distance.

Une réponse dans l’ici et maintenant s’impose, mais elle doit s’inscrire dans un continuum cohérent et coordonné. Une réponse globale qui traite les déterminants au même titre que la violence elle-même. C’est alors une réponse qui se doit de transcender le temps politique. Être un fil d’Ariane des prochaines décennies… Comprendre et faire comprendre qu’une amélioration ne peut être pérenne qu’en ces conditions : S’attaquer à chaque cadre de contrainte et le modeler jusqu’à ce que la violence n’en soit plus le résultat.

Chacun de nous avons la capacité d’agir dessus, à notre niveau. Si en tant que famille nous n’avons pas le pouvoir de stopper la guerre en Ukraine ou au Moyen-Orient, nous avons le pouvoir d’éteindre le JT pendant le diner familial, d’ouvrir la discussion avec nos enfants ; sur ce qu’ils savent, entendent et croient savoir. Le parent doit être un filtre entre le monde merveilleux des adultes et ses enfants. Savoir rassurer et savoir dire que si pour l’instant nous n’avons pas de réponses sur certaines questions, on peut chercher ensemble. Apaiser et surtout maintenir le contact à tout prix.

En tant que système scolaire qui cherche sa révolution dans le numérique, j’ai envie de dire que la révolution serait dans l’utilisation des valeurs de coopérations entre élèves et non pas la compétition. On ne peut plus attendre d’atteindre le post-bac pour voir de serious game proposés à nos jeunes, pour leur démontrer que l’on travaille mieux et plus efficacement en groupe. Alors qu’on vient de passer 18 ans à les formater à travailler seul, en ne comptant que sur eux-mêmes. Le travail de groupe, l’intelligence collective, apprendre à gérer sa colère, travailler les compétences sociales… c’est comme tout, cela s’apprend et plus tôt est le mieux.

Non, tout n’est pas de la responsabilité de l’école. Mais cela veut dire qu’aujourd’hui il faut également penser une éducation à la parentalité. Nous n’avons plus trois générations sous le même toit pour transmettre les valeurs, messages et bonnes pratiques, voire le bon sens. Et la parentalité, toute naturelle soit-elle, ce n’est pas facile et pas inné non plus. Encore moins lorsque les fictions, publicités et autres avatars du XXI°s véhiculent de fausses bonnes idées sur la façon d’être parents.

De son côté, le monde merveilleux du travail appelle à l’humanité de chacun, qui aujourd’hui exhorte peut-être à un changement de paradigme où l’objectif ne serait pas simplement financier, mais aussi humain. Cela tombe bien, cela pourrait également permettre de travailler à la lutte contre le changement climatique, qui elle aussi nécessite cette même transformation.

Faire diminuer la violence prend du temps, mais elle demande surtout un engagement politique sur lequel pourraient se greffer les bonnes volontés de chacun (individuel, institutionnel et industriel). Penser le temps long, transformer les perspectives et l’avenir que l’on se construit.

N’est-ce pas ce que l’on pourrait se souhaiter de mieux pour ce XXI°s ?

COMMENT GERER LE HARCELEMENT SCOLAIRE ?

C'est quoi exactement le harcèlement ?

On y croit chaque année, mais systématiquement septembre n’est que déception. Quelques jours seulement après la rentrée, le bal des consultations « harcelement » se suivent et se ressemblent. De la maternelle jusqu’au lycée (parfois même le troisième cycle), les écoliers/élèves, tous ont la même plainte… la même inquiétude de retourner en classe où ils vont se faire harceler/humilier/embêter (au choix  en fonction de la sémantique de chacun) et qui peut déboucher sur une véritable phobie scolaire.
  • On va me dire qu’ils aiment pas comment je suis habillée
  • Tu sais je fais de l’humour et elle ne comprend pas, alors elle dit que je suis bête. Elle a dit « Tiens la bête ! »
  • Personne ne me parle
  • Il se moque de mes lunettes/de mon appareil dentaire, ils disent que je suis moche
  • Ils veulent pas me parler parce que j’ai des « habits de naze »
  • Elles me font peur. J’ai peur qu’ils se moquent de moi parce que j’ai redoublé/sauté une classe/les cheveux roux/noirs/blonds/ les oreilles pas bien/la voix trop aiguë/grave…
  • Ils ne font que m’humilier ! dit Martin
  • Elle m’empêche de discuter avec les autres élèves de la classe, je suis toujours toute seule.
  • Ils m’ont bloqué à la sortie des toilettes et m’ont jeté par terre
  • Ils disent que je mens quand je dis que j’ai pas de maman.
C’est comme ça que l’on se retrouve avec un petit bout (plus ou moins petit) qui pleure tout seul dans sa chambre parce qu’il ne veut pas retourner le lendemain dans cette classe qui le terrorise. Ou qui passe son temps à martyriser son petit frère/sœur de la frustration que cette situation généré. (Ce qui n’est fondamentalement pas mieux)

Dans ce genre de situation, on pourrait assez facilement se dire qu’il y a un gentil d’un côté et un méchant de l’autre… ce n’est pas toujours aussi clair que ça. Et malgré l’auréole de sainteté que l’on positionne de fait sur nos chères têtes blondes/brunes, pensons bien qu’ils peuvent être le calvaire d’autres enfants à l’école.


D’autant plus qu’être un harceleur n’est pas forcément dans une volonté de faire du mal. Selon le principe de « l’attaque est la meilleure défense » (ça reste sujet à discussion), certains enfants vont se moquer d’autres pour éviter que l’on s’en prenne à eux, avec la croyance que :  

« Me moquer de quelqu’un permet de se sentir supérieur.
Je le considère comme nul, donc par définition je suis meilleur que lui. » 
Ce qui peut expliquer les choses ne les excuse en aucune manière. Dans un monde idéal (oui il n’y aura pas d’harcèlement) Il serait une bonne chose de se pencher également sur son profil et son environnement.
L’école permet à nos enfants de « tester » une autre version d’eux même. La majorité aura un comportement assez similaire à la maison et à l’école, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Certains qui pourraient se sentir enfermé dans un « rôle » à la maison peuvent ainsi « s’essayer » à autre chose à l’école. À noter que ce n’est d’ailleurs pas toujours négatif. Typiquement le petit dernier de la fratrie qui devient leader à l’école.   En d’autres termes : Soyons attentif et partons du principe qu’évoquer la thématique du harcèlement avec nos enfants reste pertinent quoi qu’il arrive.

En tant qu’adulte naïf sur la thématique, on a en tête l’enfant qui se fait taper à l’école pour une raison x,y ou z, mais cela peut être bien plus insidieux que cela. Et il est important de prendre le temps d’évoquer toutes ces petites choses qui peuvent faire mal, comme :

  • De « Ton pull est moche » à « binoclar »
  • des bousculades répétées,
  • se moquer, rigoler quand Martin participe en classe
  • refuser de travailler en groupe avec un des camarades de manière répétée
A noter que le « t’es plus ma copine » qui revient un jour sur deux n’est pas une bonne chose non plus. Il faut alors faire la distinction entre le harcèlement et une amitié toxique, mais il est tout autant primordial de mettre en évidence la souffrance que les deux génèrent et aider l’enfant à traiter le problème.

Dans la vraie vie « IRL », mais aussi sur internet, les réseaux sociaux voire les groupes what’s app de la classe…

Harcèlement et cyberharcèlement sont tout autant dommageables l’un que l’autre, même si le cyberharcèlement est plus insidieux et parfois plus lent à identifier.

Ceci dit « grace » a la covid19, l’outil numérique a pris une place de plus en plus importante dans les enseignements de nos enfants. Au sein des lycées, collège mais également les écoles élementaires, ce qui favorise largement la communication numérique entre les eleves… et pas toujours de manière adaptée et bienveillante. 

Donc soyons vigilants. D’autant plus, vis-à-vis et envers les filles… Oui je sais, cela ne devrait pas être un sujet mais sachez que dans le monde merveilleux de 2024, 73% de la gente féminine à travers le monde est victime de violence numérique… 

Du cyberharcelement à l’insulte anonymisée, c’est tout un univers des possible qui se décline… bien au chaud derrière un écran : un « #SaleP… » qui peut rapidement devenir dévastateur.

Destructeur parce qu’il touche un être en plein développement, où le « soi » n’est pas encore assez opérant pour savoir faire la distinction entre une vérité fondamentale (une vérité absolue) et ce qui n’est qu’interprétation et/ou manipulation. Une estime de soi en pleine construction qui la rends très/trop sensible au regard de l’Autre.  Ce qui fait du harcelement un evenement pouvant ébranler les fondations de la personnalité d’un individu et avoir un impact sur le reste de sa vie.

Un enfant harcelé à l’école c’est un enfant qui part apprendre dans un environnement hostile, autant dire que rapidement les apprentissages seront impactés et passeront au second plan pour laisser place à l’angoisse de se rendre à l’école.

C’est comme ça qu’il arrive d’observer un bon elève qui en quelques semaines refuse de travailler, avec des notes qui dégringoles sans pour autant s’en émouvoir… puisque finalement cela lui permet de ne plus se faire moquer : d’intello/fayot/premier de la classe… Il se fond dans la masse, il n’est plus la cible. Cela reporte cependant les tensions dans le milieu familial.

Le harcèlement c’est bien sûr une thématique clef dans l’anxiété que peuvent ressentir nos enfants. On en parle tout un chapitre dans « l’anxiété de mon enfant »  aux éditions Mango.  En lien sur la page du livre ci dessus ou à côté… en fonction de votre écran. 

On en parle ?

Parler du harcèlement à la maison avec nos enfants, c’est la meilleure manière d’éviter d’en faire un sujet tabou. Parler du secret qui généralement l’entoure et isole la victime dans sa détresse. Le harceleur a ainsi deux caractéristiques ; il s’attaque à plus petit/faible que lui (Il cherche la domination, mais n’est pas sûr de lui. Cibler des élèves de plus petite classe est ainsi une bonne façon d’avoir peu de résistance) et il s’assure que personne ne viendra menacer sa position. Il est le plus souvent discret dans les actes, mais ouvertement dans la menace :

« Si t’en parle à tes parents, je te casse la tête/je les tue/… »

C’est le plus sur moyen que sa victime s’enferme dans le silence, de peur d’être responsable de ce qui pourrait arriver à sa famille et ses amis. Cela s’appuie sur le principe très fort de la pensée magique. 

Parler est une bonne chose, mais à qui en parler ? Pour que Martin puisse demander de l’aide, il faut déjà qu’il sache qu’il en a le droit et que sa parole puisse être entendue.

Il peut en parler à un adulte de son choix, de confiance. À l’école, la maitresse, la personne qui surveille la cantine, l’animateur, ses parents bien sûr ou qq.’un de son entourage qui pourra contacter l’école.

S’il n’y a personne autour de Martin, un ami peut faire l’affaire ou encore il peut appeler le numéro vert : 3018. « Non au harcèlement » qui pourra l’écouter et trouver une solution pour que le harcèlement ou cyberharcèlement  s’arrête ! 


Lorsque l’on détecte un harcèlement, oui on peut proposer un suivi psychologique à la victime… Mais attention à ce que cela ne soit pas la seule mesure mise en place. Il faut faire cesser le harcèlement. Envoyer un enfant chez le psy pour harcèlement sans que celui-ci cesse revient à lui dire :
« C’est toi le problème. tu n’avais qu’à pas être moche/petit/timide/roux/avoir des lunettes… »
S’il est bien sûr pertinent pendant ces séances de travailler l’estime et la confiance en soi, sa relation à l’Autre, Il est tout aussi primordial que l’enfant constate qu’il y a un réseau autour de lui qui est là pour l’aider à sortir de cette impasse : ses proches, sa famille, son établissement et la loi. L’accompagnement par la famille et les proches est fondamental, pour restaurer l’estime et la confiance en soi. Première chose : ne pas remettre en cause sa parole. (Si doute il y a, l’aborder à un autre moment) Pouvoir échanger, verbaliser les émotions, le ressenti, la colère et l’injustice de cette situation. Oui le psy c’est bien, mais la première ressource est bien la famille, les parents.

Je rencontre trop de jeunes et moins jeunes qui ont été victimes de harcèlement sans avoir pu en parler. Ou pire… Qui en parle, mais sans que cela ne change la situation. Il est primordial de faire évoluer la situation de harcèlement lorsque votre enfant/élève ose finalement prendre la parole. S’il ne se passe rien, le message qui va passer à votre enfant/élève sera le suivant :

« Quand tu as un problème, ce n’est pas la peine d’en parler. Personne ne peut rien pour toi. Tu dois te débrouiller seul. Moi ton parent, je ne suis pas capable de te protéger ».

Ce n’est évidemment pas un message que l’on veut donner à son enfant. Et d’autre part, cela donne un message d’impunité à l’harceleur qui le conforte dans un sentiment de toute-puissance…  Ce qui reste problématique.

Et après, on peut faire quoi exactement ?

Rapidement après avoir accueilli la parole à la maison, il est important d’en parler à l’établissement scolaire. On peut être tenté d’aller voir les parents du harceleur, mais ça peut assez rapidement mal tourner. Or, pour résoudre une situation de harcèlement, il est important de ne pas s’inscrire dans le registre de l’émotion. 

Donc on délègue d’autant plus que les établissements ont une obligation de moyen pour prévenir et traiter les cas de harcèlement. Si cela ne suffit pas  et que l’établissement échoue a offrir à votre enfant un environnement scolaire serein et bienveillant (oui, soyons optimistes)  n’hésitez pas à gravir un échelon et aller porter plainte au commissariat.


On hésite pas, depuis le 2 mars 2022 a adopté un nouveau texte de loi caractérisant de délit le « harcèlement scolaire » avec des peines maximales encourues de 10 ans de prison et de 150 000 d’euro d’amendes (dans les situations extrêmes). Si l’objectif n’est pas d’en arriver là, il est clair que la reconnaissance du « droit à la une scolarité sans harcèlement » est primordiale. 

Concrètement, il est fort peu probable qu’il arrive quelque chose (judiciairement parlant j’entends) au harceleur, mais une petite discussion avec un OPJ aura toujours plus de poids qu’une visite dans le bureau du CPE dont certains élèves (tous ?) se contrefichent allégrement.

S’il vous semble que le commissariat pourrait ne pas vouloir enregistrer votre plainte, vous pouvez toujours remplir une préplainte en ligne ici : 

In fine, l'important ?

On l’aura compris, le harcèlement scolaire peut être dévastateur sur le court terme, mais également sur le long terme. Pour contrer cela,  il est primordial de savoir répondre présent rapidement… faire bouger les leviers nécessaires (ecole/plainte) et d’accompagner son enfant dans une réassurance et estime de soi pour éviter les failles narcissiques qui pourraient persister.

… gérer, éviter, prévenir le harcèlement c’est un combat de longue haleine. Ce n’est malheureusement pas le seul piège que l’on peut rencontrer dans la vie scolaire et son environnement. On parle écrans, manque de sommeil et valorisation des acquis pour commencer/continuer l’année scolaire de manière plus sereine. à lire ci dessous : 

Attaque sur un professeur. Comment on en parle aux enfants ?

Déjà une année et pourtant c’est toujours tout frais dans nos esprits… Cette attaque aberrante dans une école, un professeur à terre. Malheureusement, on ne peut même plus dire que c’était la première fois… Le tout dans un contexte où deux guerres se « jouent » en arrière plan de notre quotidien. Bref, c’est pas la joie Des informations que l’on a pas forcément envie d’entendre mais qui nous rattrape et surtout rattrape nos enfants… sur l’internet, les réseaux sociaux ou tout simplement à l’école, au cours de piano/judo/foot….

Pour les tout-petits, il est fort probable que cela n’arrive pas jusqu’à eux et c’est probablement mieux ainsi. Pas besoin de devancer la chose. En revanche s’ils vous questionnent après avoir entendu des choses à l’école (ou ailleurs) il est important d’y répondre.

C’est vrai qu’on peut être tenté d’éviter le sujet, mais les enfants parlent entre eux dans les cours de l’école et surtout ce sont de véritables éponges émotionnelles. Ils vous entendent, ressentent votre confusion/votre colère et de fait, sont au courant que quelque chose ne tourne pas rond. Concrètement ils ont alors juste besoin de savoir que vous êtes là pour les protéger eux des méchants et qu’il est permis d’avoir peur. Votre travail de parents est de contrebalancer le choc des images et des mots qu’il/elle aurait vus et/ou entendus, et bien entendu de répondre aux questions (aussi nombreuses soient-elles) et de les rassurer.

Finalement de faire office de zone tampon entre lui/elle et la réalité… Oui, sur ce principe on reste dans un rôle bien connu. Au moins ça…

Se positionner comme référence

Répondre aux questions de vos enfants est une phase primordiale. Vous vous placez ainsi en tant que référent, et il peut alors s’appuyer sur vous. Concrètement qui a envie de dire à ses bouts de chou qu’il y a des gens assez mal pour en venir à l’idée de prendre un fusil et aller tuer des gens sans trop savoir pourquoi ?

Ceci étant, attention à vos réponses ! Si vous mentez, il y a de fortes chances qu’ils s’en rendent compte lorsqu’ils confronteront vos réponses avec celles des copains…

Et si votre parole est mise en doute, elle risque de l’être aussi lorsque vous essayerez de les rassurer. Soyons clairs, l’idée n’est pas de leur décrire le carnage de la fusillade et la technique de l’attaque-surprise, mais d’adapter votre discours en fonction de l’âge et de la maturité de votre enfant. Même un tout petit est capable de comprendre que des terroristes/méchants ont fait du mal aux gens. La figure du méchant n’est pas une inconnue pour les enfants : la sorcière, le loup, le monstre… Ils sont très présents dans leurs imaginaires et les aident à comprendre la notion du bien et du mal, ainsi qu’à apprendre à gérer leurs émotions. Ce n’est évidemment pas un enseignement facile, et ils ont besoin de vous pour que d’un apprentissage on ne tombe pas dans la peur panique voire la phobie.

Si comme tout parent, vous avez droit à la question : 

                     « Il est mort ? Pourquoi ils l’a tué ? »

On tombe de facto dans la même problématique qu’évoquée précédemment où vous risquez d’être pris en flagrant délit de mensonge. À 4 ans, le « C’était pour ne pas t’inquiéter » risque de ne pas être compris à sa juste valeur, d’autant plus que chez l’enfant la notion de « mort » est multiple et évolutive. D’une complète indifférence avant 2 ans, on arrive à l’apparition d’angoisse existentielle qui suppose la crainte de la perte réelle vers l’âge de 11 ans. Entre les deux, de nombreuses phases, où perception mythique de la mort côtoient les représentations concrètes telles que le squelette, le cimetière… Le tout soumis à d’autres facteurs tels que la façon qu’à l’adulte de parler de la mort à l’enfant, le contexte social et culturel, les expériences personnelles et familiales….

Donc au final, après analyse fine du contexte, de l’âge et de la sensibilité de votre enfant, j’aurai tendance à dire qu’on peut répondre par l’affirmative à cette question. 

Poser des limites

Par contre hors de question de lâcher un « oui » et de le laisser se débrouiller tout seul avec ça.

 À nous de poser les questions, de lui demander s’il a peur (c’est normal d’avoir peur) et s’il a d’autres questions. En finissant cette discussion, il est important que votre enfant sache que si d’autres questions lui viennent plus tard, il peut revenir vous voir pour les poser. Une fois la parole libérée, cela évitera à votre enfant de rester avec ses questions sans réponses, qui ne manqueront de nourrir son angoisse.

D’un autre côté, il est tout aussi important de préciser le caractère extraordinaire de cette violence, de rappeler les limites qu’elle a transgressées et les conséquences que cela implique. Non, pas pour faire un cours d’éducation civique, mais pour faire passer le message que les limites sont là pour permettre de vivre en société. Et que l’on constate que lorsque celles-ci sont transgressées, cela peut mettre à mal toute une société.

De votre côté, vous avez envie/besoin de regarder les infos, très bien ! Mais il est aussi important de faire en sorte que vos tout jeunes enfants ne soient pas devant le poste à ce moment-là et c’est clairement aussi le moment (si vos trop jeunes enfants ont des comptes sur les réseaux sociaux) de vérifier que leurs réseaux sociaux ne contiennent pas de contenu inapproprié. C’est d’autant plus vrai que le conflit israel Il est important de (ré)investir le temps numérique de nos enfants, de partager cette activité et de les accompagner au mieux. L’internet n’est pas qu’un jeu, cela peut être un formidable outil (d’information ou autres) mais qui aujourd’hui est complètement infecté par une multitude de fake news qu’il est parfois difficile de discerner. C’est d’autant plus vrai lorsqu’il y a des enfants et des adolescents derrière l’écran.

Aujourd’hui ces fausses rumeurs s’invitent au-delà des sites dits d’informations, elles utilisent les réseaux sociaux pour se diffuser et devenir « virale ».. Au point que là aussi, on en ait perdu la chaine de transmission. Sur internet, il est facile de construire un décor idyllique à une idéologie pathogène… et sachez qu’une fausse information circule six fois plus vite qu’une vérité sur les réseaux sociaux. Par conséquent, la fausse information a bien plus de chance d’atterrir dans le smartphone de votre ado… (oui j’ai dit « ado » parce qu’un enfant n’a pas à avoir un smartphone ou une tablette perso)

Pour les plus grands, le besoin de réassurance se conjuguera avec le besoin de comprendre.   Là aussi il est important de faire passer le message que le sujet n’est pas tabou et que vous êtes là pour répondre à leurs interrogations. Ils vont entendre beaucoup de choses à l’école, certaines seront vrais et cohérentes d’autres le seront beaucoup moins. Il faut qu’il puisse revenir vers vous. C’est primordial ! 

Vous avez des ados qui sont curieux de ce que devient leur monde ? Voici quelques pistes pour les accompagner dans leurs réflexions géopolitiques

Mais C’est quoi le terrorisme ?

Il n’y a pas de consensus à l’heure actuelle parmi les spécialistes sur une définition unique du terrorisme. Cependant on s’accorde sur le fait que le phénomène n’est pas nouveau et qu’il a la capacité de recouvrir des réalités diverses selon ceux qui le mènent, leurs objectifs et le point de vue dans lequel on se place. C’est pour cela que l’on peut entendre que le terroriste de l’un peut être le résistant de l’autre. Mais un résistant s’en prendra aux forces ennemies alors que le terroriste frappe sans distinction… et souvent des civils.

Le terrorisme peut avoir plusieurs formes, un détournement d’avion, une attaque au couteau au hasard dans la rue ou une attaque ciblée. La constance est un usage d’actes de violence en vue de créer un climat d’insécurité. Du latin « terror » = terreur, le but est de faire peur. Le terrorisme est un acte politique, où recherchant la notoriété et à mettre en péril les systèmes démocratiques. Le terrorisme est aujourd’hui identifié comme la menace princeps pesant sur la sécurité des pays occidentaux.

A quoi ca sert ces attaques ?

Les attentats et attaques qui secouent nos sociétés aujourd’hui à travers le monde sont véhiculés par la haine, rancœur et l’incompréhension que nous avons les uns des autres. Pour ne pas nous faire nous-mêmes les relais de cette déferlante de ressentiment et de vengeance, essayons de comprendre et d’expliquer.

Aujourd’hui le terrorisme se focalise autour de la notion de « l’Autre ». Renvoyer la responsabilité d’une difficulté sur l’Autre permet de ne pas avoir à se remettre en question dans son fonctionnement et/ou agissement.

Fragilisés par la difficulté d’intégration ou à se reconnaître dans les valeurs que la société occidentale véhicule aujourd’hui, certaines personnes se sont laissé convaincre qu’il existait un « monde meilleur » où ils seraient enfin reconnus à leurs justes valeurs… être utile, ou même être quelqu’un tout simplement. En utilisant cette fragilité, il devient alors « aisé » pour les groupes terroristes de modeler les esprits et de les mener à participer à la construction de « ce monde meilleur » … qui passe entre autres par l’organisation d’attentats et/ou attaques pour dénoncer les « erreurs » de l’organisme/pays/société et/ou communauté ciblée.

Ces dernières années en Europe, la menace terroriste est multiple et portée par le djihadisme, l’extrême droite, l’extrême gauche/anarchisme et le terrorisme ethno nationaliste/séparatiste (moins depuis 2016). À noter que le dernier rapport d’Interpol rapporte une nette majorité du terrorisme djihadiste et du terrorisme des extrêmes politiques en Europe.

En ce qui concerne le terrorisme perpétré en Occident, on se retrouve face à des personnes qui ont développé une pensée où la France/l’Occident est présenté comme leur ennemi. Ils confondent alors la laïcité avec un sentiment antireligieux qu’ils prennent comme une attaque personnelle pour leurs valeurs et leurs convictions. D’autre part la tension ressentie vis-à-vis des signes religieux et de caricatures religieuses a pu cristalliser les croyances déjà affectées par certains épisodes de notre histoire (passé et plus récente). Les attentats ont alors pour but de porter atteinte aux idéaux sociétaux de l’Occident/France, d’ébranler la société ainsi que les valeurs qu’elles portent, afin de laver l’offense ressentie dans leur identité et leur honneur.

Le terrorisme d’extrême droite se fait entendre en Europe depuis quelques années, mais aussi à travers le monde. En Norvège en 2011, en Nouvelle-Zélande en 2019, en Allemagne en 2020 et tout récemment en Australie et en France à Paris le 23 décembre dernier.

L’histoire regorge d’exemple où l’humiliation a suscité des émotions au point de diriger l’action des hommes, parfois en réaction immédiate, parfois sur plusieurs générations voire des siècles. C’est ce que l’on appelle la géopolitique des émotions et qui façonne notre monde à travers la peur, la vengeance, mais aussi l’espoir. (Si ça vous intéresse, je vous conseille vivement « La géopolitique de l’émotion » de Dominique Moïsi) et cette composante du terrorisme est commune à toutes les idéologies… qu’elles soient politiques, religieuses ou autres.

Le terrorisme excelle dans sa capacité à marquer les esprits. Une particularité renforcée par l’impact médiatique majeur, d’autant plus vérifié depuis l’apparition de l’information en continu (chaines d’informations en continu relayées par les réseaux sociaux). Sans oublier le filtre des fausses informations qui circulent et viennent encore complexifier la lecture des événements.                                                                     

D’où vient le terrorisme islamiste

Al Qaïda, ou même Daesh trouvent leurs origines dans la résistance aux puissances étrangères envahissant certains pays d’Orient et du Moyen-Orient. La Russie en Afghanistan dans les 90, et l’Irak en 2003 avec la coalition USA/UK/Australie alors à la recherche d’armes de destruction massive inexistante. (Mais ça, c’est une autre histoire… enfin presque une autre histoire).

Dès 2003, les conditions de captivités et les humiliations subies par les prisonniers irakiens par les forces de la coalition ont transformé les centres de détentions en véritable pouponnière de ce que deviendra Daesh, en fusionnant à l’occasion avec la branche irakienne d’Al Qaïda (elle aussi détenu dans les mêmes prisons).  

En ce qui concerne le terrorisme islamiste perpétré en Occident, on se retrouve face à des personnes qui ont développé une pensée où la France/l’Occident est présenté comme leur ennemi. Ils confondent alors la laïcité avec un sentiment antireligieux qu’ils prennent comme une attaque personnelle pour leurs valeurs et leurs convictions.

D’autre part la tension ressentie vis-à-vis des signes religieux et de caricatures religieuses a pu cristalliser les croyances déjà affectées par certains épisodes de notre histoire (passé et plus récente). Les attentats ont alors pour but de porter atteinte aux idéaux sociétaux de l’Occident/France, d’ébranler la société ainsi que les valeurs qu’elles portent, afin de laver l’offense ressentie dans leur identité et leur honneur.

À noter tout de même que malgré le ressenti d’une suite incessante d’attentat en Europe, seulement 5% des attaques terroristes se passent dans les « pays non en guerre » parmi lesquels on compte l’Occident. Le dernier rapport « Global Terrorism index 2023 » de Institute for economics & peace estime le Sahel comme étant la région du monde le plus en détérioration en 2023. Malgré cela, l’Afghanistan garde le triste record de pays le plus impacté par le terrorisme. Les dix pays aujourd’hui les plus impactés par le terrorisme sont par ordre décroissant : Afghanistan, Burkina Faso, Somalie, Mali, Syrie, Pakistan, Irak, Nigeria, Myanmar et  Niger.

Pour permettre de se faire une petite idée ; en 2018, l’Afghanistan a connu 837 attentats, entrainant la mort de 1426 personnes et 2199 blessés. Des pays où non content de transformer l’horreur de l’attentat en quasi-banalité, le terrorisme cible les centres de santé dans le but encore une fois de toucher en plein cœur. Comment tuer l’espoir de manière plus radicale que d’éliminer la possibilité du soin alors qu’on vient déjà de se faire blesser par un attentat en ville ?

En abolissant la frontière entre le civil et le militaire, le terrorisme transforme le monde entier en cible potentielle, ce qui alimente le sentiment d’insécurité et de peur au sein de la société civile. C’est parce qu’il peut arriver n’importe quand et n’importe où (lors d’une virée shoping sur les champs Élysée, lors d’un concert ou même à la sortie d’une école) que le terrorisme provoque autant de peur. Une peur qui reste disproportionnée face à la réalité objective de la menace. Mais c’est tout là le pouvoir du terrorisme d’aujourd’hui, cibler la peur et nous toucher en plein cœur : nos enfants, nos loisirs, notre liberté.

Qu’est-ce qu’on fait ??

Une réponse militaire, bombardement et représailles… c’est parfois tentant avouons le, surtout lorsqu’on est sous le choc de cette extrême émotion, de la colère et de l’incompréhension parfois.  Cependant « œil pour œil, dent pour dent » c’est déjà une politique qui nous a menées jusqu’à notre problématique actuelle… Et qui/où cibler lorsque le groupe terroriste n’a pas d’emprise territoriale, comme c’est souvent le cas.

Pour être véritablement efficace, il nous faut d’abord saisir les rouages et le fonctionnement du terrorisme. Cherche à comprendre. Ne pas réfléchir aux conditions qui ont suscité ce mouvement de haine revient à lutter contre les effets sans lutter contre les causes. Cela nous amène invariablement dans une impasse.

A-t-on vraiment envie de continuer l’escalade de la violence et de la colère ? On a aujourd’hui besoin d’une solution politique sur le terrain. Mais on a surtout besoin de ne pas laisser ce sujet aux seules mains de nos dirigeants. Le terrorisme attaque la société civile, c’est à la société civile de construire sa réponse et sa parade. Demandons-nous si ces jeunes et moins jeunes qui se sentent rejetés ou ne se reconnaissent plus dans notre société (qu’ils s’appellent Khaled, Coralie ou Thomas, qu’ils soient issus de la seconde génération de migrant ou d’une lignée 100% auvergnate) … est-ce que ça ne serait pas à nous (la société civile) de faire un pas, de leur donner leur chance ici, pour qu’ils n’aient pas la tentation d’aller la chercher dans le radicalisme… quel que soit sa couleur, rouge, bleu marine ou noir.

 

L'anxiété de mon enfant

anxiété de mon enfant
Si nous n’étions pas aussi acculés par un nombre incalculable d’urgence, nous constaterions que le véritable challenge du XXI°s c’est notre santé mentale.
Mais la santé mentale souffre de plusieurs fardeaux. La première est la difficulté de la gérer et de vivre ces troubles lorsqu’ils sont là, mais on y rajoute la difficulté de la reconnaissance (Personne n’en parle, c’est bien que cela n’existe pas !!) et cerise sur le gâteau… quand finalement on accepte l’existence du trouble c’est l’entourage/la société qui ne comprend rien. Bref c’est le bazar !

L’anxiété est pourtant loin d’être un trouble rare puisqu’elle touche 301 millions de personnes à travers le monde (en 2019, vu le contexte sociétal et international et le peu d’implication des politiques publiques sur la santé mentale depuis, il y a fort à parier que cela n’ait pas vraiment diminué).

D’autre part, souvenons-nous que l’anxiété est LA porte d’entrée privilégiée des autres troubles de la santé mentale.

Le stress, l’anxiété, la peur d’où ça vient ? Quelle aberration de l’évolution nous a dotés de ce truc pénible ?

C’est quoi le fond anxieux ? et comment le disséquer pour mettre en évidence cette accumulation de cadre de contrainte qui nous impacte dans notre quotidien.

Le poids de l’environnement dans l’anxiété ; le rapport au temps, la famille, l’école, les écrans, le sommeil, le monde imparfait dans lequel nous vivons, la pandémie… On parle de tout cela dans « l’anxiété de mon enfant » chez Mango Éditions en finissant bien sûr avec un chapitre essentiel :

Comment faire reculer l'anxiété ?

On réfléchit ensemble avec l’importance des mots, les techniques d’apprivoisement de l’anxiété (on va faire appel à votre côté « Petit Prince »), la boite à outils… 11 outils différents, pas compliqué et plutôt ludique pour faire fi de l’anxiété ! Et surtout, comment utiliser tous ses outils au quotidien ?!!
Objectif : un quotidien plus serein ! Mais surtout faire le cadeau à votre enfant de lui apprendre le plus tôt possible à gérer ses émotions en général et son anxiété en particulier.
D’autant plus qu’un outil psychique, on peut s’en servir toute la vie. Cela veut dire aussi que ce qui fonctionne pour votre enfant dans ce livre, peut aussi fonctionner pour vous…
L’anxiété de mon enfant c’est dans votre librairie préférée dés aujourd’hui ou ici : 
 

Quelques tips immédiats pour s’attaquer à l’anxiété et ses déterminants !! Tout d’abord on parle de sommeil. Pas de diminution de l’anxiété possible avec un sommeil qui marche pas/plus. Le sommeil on en parle ici : 

Le contexte scolaire et le risque de harcèlement. Oui, le harcèlement est destructeur… On laisse pas un enfant tout seul, ca ne le « renforcera » pas ! Mais tout l’inverse… ça lui fait perdre confiance en lui, et potentiellement en vous les adultes qui n’avaient pas su le protéger… Bref on a tout faux avec le harcèlement. D’ailleurs on passage le meilleur moyen d’éviter le harcèlement… C’est d’en parler avant que cela n’arrive. Ca évitera à votre petit ange de  s’enfermer dans le mutisme (oui parce qu’avec le harcèlement vient le secret… chhuuuut n’en parle pas à tes parents ! ). En tout cas, nous on en parle ici : 

Pour tout le reste on parle dans le second chapitre de « l’anxiété de mon enfant » !! Si d’aventure vous souhaiteriez q’un sujet en particulier soit abordé, n’hésitez pas à demander.