La chaleur ne fait pas seulement transpirer. Elle fatigue, ralentit, empêche de dormir, réduit notre patience et transforme parfois une contrariété parfaitement gérable en conflit diplomatique majeur.

À 22 °C, une chaussure abandonnée dans le salon est une chaussure abandonnée dans le salon.

À 38 °C, elle devient la preuve manifeste que personne ne respecte personne dans cette maison.

Ce n’est pas uniquement une impression. La chaleur impose à l’organisme un effort permanent pour maintenir sa température interne autour de 37 °C. Le cœur accélère, les vaisseaux sanguins se dilatent, la transpiration augmente et le cerveau doit continuer à réfléchir pendant que le corps consacre une partie croissante de ses ressources à ne pas surchauffer.

Or notre psychisme fonctionne rarement mieux lorsque notre organisme est épuisé, déshydraté et privé de sommeil.

La chaleur nous met littéralement sous pression

Lorsque la température extérieure augmente, notre corps doit évacuer davantage de chaleur. Cette adaptation physiologique mobilise de l’énergie et crée une forme de stress interne.

Nous devenons plus rapidement fatigués, moins attentifs et moins capables de traiter plusieurs informations en même temps. Les tâches ordinaires paraissent plus compliquées. Les enfants s’agitent, les adolescents soupirent encore davantage que d’habitude et les adultes commencent à considérer le simple fait de préparer le dîner comme une épreuve olympique, tandis que ce rapport à rendre pour hier devient tellement insurmontable qu’on a bien envie de le bâcler.

La déshydratation, même modérée, peut également vert affecter l’attention, la mémoire immédiate et certaines fonctions exécutives. En clair, nous réfléchissons moins bien au moment précis où nous aurions besoin d’un peu plus de discernement pour ne pas expliquer à notre voisin, avec une précision excessive, ce que nous pensons de « Cannelle » son nouveau chien.

Le sommeil, première victime collatérale

Pour nous endormir, notre température corporelle doit légèrement diminuer. Lorsque les nuits restent chaudes, cette baisse devient plus difficile. Le sommeil est souvent plus tardif, plus léger et davantage fragmenté.

Et le manque de sommeil n’est pas neutre.

Il diminue notre capacité à réguler nos émotions, augmente notre sensibilité aux événements négatifs et réduit notre tolérance à la frustration. Après plusieurs nuits difficiles, nous ne sommes donc pas seulement fatigués. Nous sommes aussi plus vulnérables à l’anxiété, à l’irritabilité, aux réactions impulsives et aux conflits.

La chaleur agit ainsi directement sur notre organisme, mais également indirectement en dégradant le sommeil. C’est une sorte de double peine climatique, avec option moustique tigre à 3 heures du matin.

Oui, la chaleur augmente l’irritabilité et l’agressivité

La chaleur ne rend pas violent. Mais elle peut nous rendre plus irritables, plus fatigués et beaucoup moins diplomates.

Plusieurs études montrent qu’en période de forte chaleur, certains actes violents et certaines consultations hospitalières liées à la violence augmentent légèrement. Une étude américaine portant sur plus de 332 000 passages hospitaliers a observé qu’une hausse importante d’un indice combinant température et humidité était associée à une augmentation de 1,5 % des consultations pour violences entre personnes et de 3,7 % de celles liées à des violences dirigées contre soi-même.

Il s’agit d’une association, pas d’un lien automatique de cause à effet. La chaleur ne transforme pas soudain votre voisin en ennemi public. En revanche, elle perturbe le sommeil, augmente la fatigue et réduit parfois notre capacité à prendre du recul avant de réagir.

Une remarque banale peut alors sembler insupportable. Une porte qui claque devient une provocation. Et la fameuse chaussure abandonnée dans le salon prend une dimension politique. J’en peux plus de cette fichue chaussure ! D’ailleurs elle vient de passer par la fenetre…

Les conditions de vie comptent aussi beaucoup. Un logement exigu, mal isolé et impossible à rafraîchir expose davantage qu’un logement frais et spacieux.

L’accès à la fraîcheur est donc aussi une inégalité sociale.

Quand la chaleur aggrave une souffrance psychique préexistante

Les personnes vivant avec un trouble psychiatrique sont particulièrement vulnérables pendant les épisodes de forte chaleur. Le manque de sommeil, la fatigue et la déshydratation peuvent accentuer l’anxiété, aggraver des symptômes dépressifs, favoriser une désorganisation psychique ou contribuer à la décompensation d’un trouble bipolaire ou psychotique. Certaines personnes augmentent aussi leur consommation d’alcool ou d’autres substances pour tenter de diminuer leur tension ou simplement réussir à dormir… ce qui est clairement une « solution » qui n’aide pas.

Plusieurs travaux montrent que les périodes chaudes s’accompagnent d’une hausse des consultations, des hospitalisations et de la mortalité liées aux troubles psychiques. Une méta-analyse publiée en 2026 chez les moins de 25 ans estime notamment qu’une hausse de 1 °C est associée à une augmentation d’environ 1 % de la mortalité par suicide. Pour ceux qui souhaite approfondir le sujet, et ont encore qq neurones en action par cette température, c’est par là :

Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence. Ils reposent sur des études observationnelles, menées dans des contextes différents et avec des définitions variables de la chaleur. Ils ne permettent donc pas de prédire ce qui arrivera à une personne donnée.

Ils montrent en revanche une tendance suffisamment solide pour que la santé mentale soit pleinement intégrée aux plans de prévention contre la chaleur, au même titre que les risques cardiovasculaires, respiratoires ou rénaux

Les traitements psychiatriques nécessitent une vigilance particulière

Certains médicaments peuvent modifier la transpiration, la vigilance, la sensation de soif, la régulation de la température ou le fonctionnement des reins. C’est notamment le cas de certains psychotropes, mais aussi de nombreux autres traitements.

La chaleur peut donc augmenter le risque de déshydratation, de malaise ou de coup de chaleur chez certaines personnes traitées.

Cela ne signifie surtout pas qu’il faut arrêter son traitement dès que Météo-France colore la carte en orange. L’arrêt brutal d’un médicament psychiatrique peut être bien plus dangereux.

Le bon réflexe consiste à en parler à médecin ou à son pharmacien, sans interrompre ni modifier seul son traitement, et à renforcer la vigilance en cas de somnolence inhabituelle, de confusion, de faiblesse importante, de tremblements, de crampes, de vertiges ou de diminution des urines.

Une température corporelle très élevée associée à une confusion, un délire, des hallucinations, des convulsions ou une perte de connaissance constitue une urgence médicale ! C’est plus le moment de réfléchir, on appelle le 15 de suite…

Pendant la canicule, le mot d’ordre devrait être : faire simple

Nous avons parfois tendance à vouloir maintenir exactement le même niveau de productivité, la même organisation familiale, les mêmes horaires et les mêmes exigences alors que notre organisme fonctionne dans des conditions anormales.

Fondamentalement, c’est pas une merveilleuse idée.

Lorsqu’il fait très chaud, il faut accepter de réduire temporairement nos ambitions. Le cerveau n’a pas besoin d’un défi supplémentaire. Il est déjà occupé à négocier avec l’hypothalamus, les reins et le ventilateur.

Ce n’est donc probablement pas la semaine idéale pour refaire entièrement la chambre des enfants, organiser un dîner pour quinze personnes, résoudre tous les conflits familiaux ou prendre une décision existentielle à 2 heures du matin parce que personne ne dort.

Les repas peuvent être simples. La maison peut être moins parfaitement rangée. Les enfants peuvent jouer une partie de carte supplémentaire. Les réponses aux courriels non urgents peuvent attendre. Le déjeuner composé d’une tomate, d’un morceau de pain et de fromage ne constitue pas un effondrement éducatif ou civilisationnel.

L’objectif n’est pas de fonctionner comme d’habitude malgré la chaleur. L’objectif est de traverser l’épisode sans épuiser inutilement nos réserves physiques et psychiques.

Adapter aussi nos relations

La chaleur exige de revoir momentanément nos attentes envers les autres.

Tout le monde est plus fatigué. Tout le monde dort moins bien. Tout le monde dispose de moins de capacités pour supporter le bruit, les demandes répétées, les transports bondés et les discussions inutiles.

Il peut être utile de différer les conversations importantes, de réduire les sollicitations, d’isoler quelques minutes un enfant qui sature avant que la crise n’explose et de ne pas interpréter chaque réaction irritable comme une attaque personnelle définitive.

On peut aussi annoncer clairement les règles du jeu :

« Nous sommes tous fatigués, il fait très chaud, nous allons faire au plus simple et éviter de régler aujourd’hui les problèmes accumulés depuis 2014. »

Protéger son sommeil sans viser la nuit parfaite

Il faut rafraîchir la chambre dès que la température extérieure baisse, fermer les volets et les fenêtres pendant les heures chaudes, limiter les écrans et les activités très stimulantes en fin de soirée, et boire régulièrement (de l’eau of course) sans attendre d’avoir très soif. D’ailleurs en parlant de rafraichissement le plus efficace, en termes de boisson c’est le granité à l’eau (sans sucre).

L’éventail peut aussi être très utile. Il ne refroidit pas la pièce, mais le mouvement d’air favorise l’évaporation de la transpiration et améliore rapidement la sensation de confort. C’est simple, peu coûteux, transportable et silencieux : une technologie ancienne qui reste étonnamment efficace, à condition d’avoir encore un peu d’énergie…

Une douche tiède peut aider. Une douche glacée provoque une vasoconstriction et peut donner une sensation de fraîcheur immédiate sans être forcément la meilleure stratégie pour évacuer durablement la chaleur.

Le sommeil sera peut-être moins bon malgré tout. Là encore, inutile d’ajouter une anxiété de performance : « Il faut absolument que je dorme huit heures, sinon demain sera une catastrophe. »

Se reposer, ralentir et accepter une nuit imparfaite est souvent plus utile que surveiller l’heure toutes les dix minutes en calculant le nombre exact de cycles de sommeil encore disponibles. 

Conserver un minimum de lien social

La chaleur peut enfermer. On ferme les volets, on réduit les sorties et l’on passe davantage de temps dans un espace parfois trop petit avec les mêmes personnes.

Un appel à un proche, une visite matinale, quelques minutes dans un lieu public frais ou une courte sortie lorsque les températures diminuent peuvent aider à rompre cet enfermement.

Il faut aussi prendre régulièrement des nouvelles des personnes isolées, âgées, fragiles ou vivant avec un trouble psychique. Une personne désorganisée, dépressive ou délirante ne percevra pas nécessairement la chaleur, la soif ou le danger de la même manière.

La prévention repose parfois sur des gestes extrêmement simples : prendre des nouvelles, apporter de l’eau, vérifier que les volets sont fermés…

Repérer le moment où il faut demander de l’aide

Une irritabilité modérée, une fatigue ou un moral plus fragile sont fréquents pendant une vague de chaleur.

En revanche, une confusion, un comportement inhabituel, une agitation extrême, des hallucinations, des idées suicidaires, une désorganisation rapide ou une rupture complète avec le fonctionnement habituel doivent conduire à demander rapidement une aide médicale.

Il faut également être attentif à une personne qui ne boit plus, refuse les soins, ne dort quasiment plus depuis plusieurs nuits ou augmente fortement sa consommation d’alcool ou de substances.

La chaleur peut révéler une fragilité, mais elle peut aussi précipiter une situation déjà instable.

S’adapter aujourd’hui, prévenir demain

Les conseils individuels sont nécessaires, mais ils ne doivent pas masquer la responsabilité collective.

Nous ne préserverons pas durablement notre santé mentale avec des brumisateurs individuels dans des logements qui atteignent 35 °C la nuit, des établissements psychiatriques mal isolés, des écoles sans ombre, des quartiers entièrement minéralisés et une architecture qui a érigé les façades vitrées en dogme esthétique.

Adapter les villes, les logements, les hôpitaux, les Ehpad, les écoles et les lieux de travail constitue une politique de santé physique, mais aussi de santé mentale.

D’ailleurs comment gérer la chaleur en pleine ville ? On en parle par ici :

Et la réduction des émissions de gaz à effet de serre reste indispensable pour limiter la fréquence et l’intensité des épisodes futurs.

En attendant, pendant cette vague de chaleur, oublions provisoirement la perfection.

Hydratons-nous. Dormons lorsque nous le pouvons. Reportons ce qui peut l’être. Faisons des repas simples. Soyons un peu plus indulgents avec les enfants, avec nos proches et éventuellement avec nous-mêmes.

La canicule est déjà suffisamment exigeante. Il n’est pas nécessaire d’y ajouter un concours de performance domestique, professionnelle et émotionnelle.

Et pour ceux qui veulent avoir une vue d’ensemble sur la santé en général et la chaleur, je vous laisse aux bons soins de l’OMS : 

Douze idées pour éviter de sombrer dans la dépression du BlueMonday et faire de l'hiver sa saison préférée.

Il fait froid, il fait sombre, il n’y a pas de soleil… il fait nuit tard le matin, tôt le soir… bref c’est le mois de janvier ! Perso je dirais bien  « chouette » mais force est de constater que peu partage mon enthousiasme de l’hiver. Pire c’est le BlueMonday !! L’hiver et le mois de janvier pour beaucoup c’est un problème et aussi un renoncement récurrent avec lequel ils plongent dans une apnée avant de pouvoir entrapercevoir le retour du printemps.

 

La véritable contrariété c’est qu’il y a un hiver chaque année et malgré la naïve croyance de certains, le réchauffement climatique ne va rien résoudre. (Soit dit en passant, le réchauffement climatique ne va pas résoudre grand-chose. Si ce n’est une réduction géographique de la zone d’activité du Trypanosoma Brucei. Entre d’autres termes le parasite de la maladie du sommeil. Son territoire d’activité se réduit certes mais surtout change de zone. Il va donc toucher 50 millions de personnes supplémentaires en Afrique australe. J’avais dit que cela n’allait pas résoudre grand-chose ce changement climatique… ).

 

Nous voilà donc au mois de janvier à parler du BlueMonday. Qu’est ce donc que cette invention marketing ? Parce que oui c’est du marketing… Même le Starbucks ce matin, dispose des stickers sur ces cafés…  Et sans surprise, on se rends compte que c’est l’oeuvre d’une « simili etude » psychologique censée motiver les voyages vers le soleil pendant l’hiver. Le tout qui alimente une campagne de publicité d’une agence de voyage… vantant le soleil pendant le mois d’hiver. 

Au milieu de ce BlueMonday, vous avez été déjà trois à me parler de la difficulté de cette vague de froid et de l’hiver ce matin, je vois bien que c’est un problème. Même si j’ai bien envie de vous concéder que l’an passé le retour officiel de Mr Trump, ce jour tout precisement,  à la présidence des USA a pu nous donner une bonne raison pour considérer ce jour comme le pire de l’année… 

Sous le soleil tout est plus simple !!

Well… ce n’est pas encore complètement tranché, ça dépend à qui on pose la question. C’est vrai et faux à la fois.

Vrai parce que le rayonnement solaire active la synthèse de la vitamine D, que ces mêmes rayonnements nous resynchronisent notre horloge biologique tous les jours, et que la chaleur des rayons (oui toujours eux) sur notre peau a un petit côté réconfortant non négligeable. Les régions septentrionales qui vivent la nuit polaire ne nous contrediront pas… On y traite la dépression et l’anxiété à la luminothérapie (entre autres)…

 

Cependant, c’est aussi faux parce que si le rayonnement solaire favorise la sécrétion de sérotonine, cela ne suffit pas à éviter la déprime. Et par conséquent on peut aussi déprimer à Saint-Tropez. Et la déprime sous le soleil, c’est parfois pire parce qu’en plus, on a une petite tendance à culpabiliser de déprimer alors que le temps est merveilleux. Bref c’est double peine 

Ce mois de janvier est donc l’occasion de changer notre point de vue sur l’hiver.
Oui, découvrir le charme discret et tellement cosy de l’hiver. Pourquoi ? 

« Pas le choix »

est ce qui me vient à l’esprit assez simplement.

On peut certes prendre la décision de déménager, faire le digital nomade sur les plages du Costa Rica ou à Phuket. Certains me diraient Perpignan ou Cannes pour faire plus simple (et plus développement durable…) mais là j’en profite pour casser le mythe. Le sud de la France, ce n’est pas la Floride. Il y a un hiver, il pleut, il fait froid, c’est parfois gris et on doit y porter des manteaux. OK pas besoin de sortir la parka polaire, mais quand même.

Pour celles et ceux qui n’ont pas la possibilité ou l’envie de quitter nos hautes latitudes, comment gérer l’arrivée de l’hiver ? En faire un truc sympa à vivre ou du moins pas trop désagréable et pourquoi pas utile ?! (Utile dans le sens autre chose que le quotidien qui se répète) En bref…  

comment faire un extrême make over avec son hiver ?

L’objectif est de faire ressortir le côté plaisant et chaleureux de l’hiver. La cheminée, le plaid et le chocolat chaud avec des Chamallows dedans, et un bon livre dans les mains. Un chat sur les genoux et les enfants qui font des coloriages sur la table… Je rêve ? Oui c’est probablement plus sur le sol qu’ils seraient en train de dessiner les miens, mais peu importe.

Le but c’est de rêver l’hiver.

Et pour ça, on se concentre sur ce que l’on peut faire évoluer assez rapidement. On peut toujours aussi se poser la question de changer de vie, mais c’est une autre histoire. Je parle plutôt d’essayer de se concentrer sur ces petites choses du quotidien que l’on peut modeler avec peu de moyens (de temps, de matériel, d’argent…), mais avec tout plein d’envies.

Mon environnement je l'aime, je le modele à mon image

En gros, c’est le moment d’aller s’inscrire au hockey sur glace (depuis le temps) ou regarder le planning des matchs de la ville voisine pour se mettre dans l’ambiance canadienne…

De ressortir votre pull fétiche tout doux et de profiter du bonheur tout simple de pouvoir contrôler son ressenti thermique. On admettra facilement qu’il est plus simple d’enfiler un col-roulé quand il fait froid, que de faire face à une canicule alors qu’on est déjà en petite tenue.

On trouve le café de ses rêves pour aller travailler en ville, et on s’y installe. On change régulièrement pour varier les ambiances et pas se faire fâcher par le propriétaire… merci aux bistro et café de ne pas jeter les étudiants et travailleurs dehors au bout d’une demi-heure (histoire de ne pas râler après que tout le monde va au Starbucks… qui utilise la déprime du #BlueMonday pour vendre ces cafés on elle rappelle.)

 

On réinvestit dans les soupes. Je vous vois venir avec votre tétrapack ! Des soupes faites maison, avec un gout identifiable. Ça sera bon pour la santé et le moral. Si ! Une soupe courge-curry-lait de coco c’est top. Et puis cela est l’occasion de piocher dans le tas de livres de recettes qui végète sur une étagère pas loin de la cuisine.

C’est d’ailleurs l’occasion idéale pour inviter chez vous, pas besoin de faire de la grande cuisine si ce n’est pas votre truc. Même si c’est peut-être le moment d’essayer de s’y mettre. Oui les fameuses soupes, mais aussi ce que vous voulez. Et puis on sort le jeu de cartes, le Trivial Pursuit ou Risk pour les plus téméraires… ça peut être aussi fun qu’un pique-nique sur les quais.

L’hiver c’est le moment de réinvestir son chez-soi. Le moment pour réaménager le salon, la chambre. Pas besoin d’aller dévaliser HABITAT ou IKEA, changer les places des meubles peut faire le truc. Faire quelques boutures, faire pousser un noyau d’avocat (mais si, vous avez cédé à la mode de l’avocat), faire germer le blé pour mettre sur le rebord de fenêtre… Les plantes dans son intérieur sont une bonne façon de rajouter de la vie. C’est beau, c’est changeant et ça purifie l’air… parfois. Un Spathiphyllum ou un lierre cendré peuvent faire le job. Pour savoir comment s’en occuper sans le faire mourrir (ce qui peut être intéressant) on peut aller visiter cette page là : 

 

On peut se lancer dans une décoration changeante. Après Noël, on vise l’hiver. Les jolies déco que l’on voit parfois sur les vitrines, vous pouvez les faire chez vous… une activité DIY avec vos enfants, ou juste pour vous. Alors non ! On n’achète pas des trucs en plastique moches, on dessine sur les fenêtres. Ça tombe bien l’hiver c’est la saison du blanc. Je vous conseille le feutre de craie plutôt que les posca qui vont sécher sur les vitres… (Et le Posca c’est pénible à nettoyer) ou alors du blanc de Meudon tout simplement.  Alors atelier dessin « flocon de neige » sur les vitres pour les plus petits… taper « décoration fenêtre hiver » sur Pinterest vous trouverez de l’inspiration, et ça enlèvera le côté sombre et noir des fenêtres après 17h.

 

Casser les préjugés de l'hiver

Parce que le problème de l’hiver c’est la nuit… et l’exacerbation du sentiment de solitude qui va avec. Peut-être il y a moins de monde dehors, mais les gens sont toujours là et toujours avec l’envie d’être rencontré. Fin aout, j’avais parlé du forum des associations. On peut relire ici : 

ce petit club de running, dessin, volley-ball, lecture, café géopolitique, poterie ou autres, où vous vous êtes inscrit(e) et où vous allez pouvoir rencontrer du monde qui aime faire les mêmes choses que vous !! Si vous pouvez cibler une activité proche de la maison, c’est mieux… Ça permet de rencontrer des gens qui n’habitent pas loin… ça sera toujours plus pratique pour les apéros/chocolat chauds à l’improviste.

Si ce nouvel ami habite un peu loin, on ressort le vélo. Oui même au mois de janvier on peut se mettre au vélo. Bien équipé ce n’est pas un problème et vous aurez toujours cette formidable sensation de maitriser votre planning. Je ne suis pas tributaire du métro, des embouteillages ou du passage du bus… Petit bonheur. Bref je suis libre. Le Vélo, ça fait cet effet-là, même en hiver. Et puis ça réchauffe, même à -2°C.  Alors oui il fait nuit tôt, mais le vélo en ville la nuit, c’est plutôt agréable… Pour ceux qui vivent en zone rurale, il est temps d’investir dans un garde-boue et de bonnes lumières ainsi qu’une carte pour débusquer les petites routes voire chemin qui vous font éviter les départementales. Hors de question de rouler la nuit sur cette autoroute. On veut rentrer chez nous entier, pas en ambulance (si on a de la chance). Et pour tous, les moufles de ski Décathlon font de très bons gants de vélo l’hiver !

L’hiver c’est aussi l’occasion de se lancer dans ce nouveau truc que l’on voulait apprendre ou entreprendre. L’espagnol pour préparer son voyage des 30 ans (traverser l’Espagne à vélo), la cuisine orientale, la peinture néerlandaise au XVII°s, la préhistoire, écrire une nouvelle, en savoir plus sur le plastique, se lancer dans le Kintsugi…

 Lorsqu’on aborde un nouveau sujet, on a rapidement l’impression que l’on sait tout. C’est une illusion… En fait on ne sait rien !  On s’en rend compte assez rapidement lorsqu’on continue à lire sur le sujet. C’est comme ça que l’on découvre que le problème  du plastique ne se limite pas seulement aux pailles qui finissent dans les fosses nasales des tortues, mais qu’il est bien plus important que ça. Les nanoplastiques qui se dégradent tout seuls, les albatros des iles hawaïennes qui nourrissent leurs petits avec du plastique dérivant, la prédominance des plastiques qui ne servent à rien (cf la barquette de l’ananas…)   Bref petit à petit on commence à mieux cerner le sujet et éviter de tomber dans le panneau des fausses rumeurs (il y en a partout…). C’est un petit cadeau que l’on peut se faire cet hiver, en apprendre plus sur ce sujet qui nous intéresse depuis longtemps, mais que l’on n’a jamais pris le temps d’approfondir.

Où trouver le temps ? Probablement en se limitant à un épisode par jour sur Netflix/Canal+/AppleTV/ou tout simplement le replay de France TV…  oui je sais je suis mauvaise. Mais vous réserver une soirée lecture par semaine (ce n’est pas fou, un soir par semaine). Ça vous donnera probablement plus l’impression d’avoir fait quelque chose de votre soirée, que si vous aviez bingwatché « Berlin ». En bref, faire avancer sa vie, plutôt que regarder celle des autres… Se projeter, avoir des envies, le construire petit à petit… (oui on revient sur l’espagnol et la cuisine néerlandaise ou la peinture orientale du XVII°s… )

Résister au Down... et reprendre le contrôle

Si on a vraiment un coup de Down, on arrête les infos télévisées et les réseaux sociaux. L’actualité qu’elle soit nationale ou internationale est terrifiante. Sélectionnez votre média à lire une fois par semaine, mais n’en faites pas votre oxygène. L’information en continu est anxiogène en soi. D’autre part, elle fait rentrer un cadre de contrainte dans votre quotidien sur lequel vous n’avez aucun contrôle… et c’est justement ce qui le rend anxiogène, voire depressogène. Si le sujet est trop important pour vous, vous touche de trop près, investissez-vous auprès d’une association. Cela vous permettra de faire bouger les choses (à votre niveau, et c’est déjà très bien) parce que cela cassera cette impression d’impuissance totale.

 La victoire de demain n’est possible qu’avec l’accumulation des petites choses d’aujourd’hui

Et puisqu’on est dans l’action, et que le mois de janvier c’est le mois sans alcoolSi besoin on s’y lance !

Cette fameuse bonne résolution qui date de quelques années déjà… On s’y met aujourd’hui ? Si en plus on se met au vélo, on sent vite la différence. Pourquoi arrêter l’alcool ? Parce que c’est mauvais pour la santé (malgré la puissance marketing qu’a déployée le lobbying de l’alcool depuis des années pour faire croire du contraire… ) parce que c’est mauvais pour la planète. La production d’alcool a travers le monde est responsable de 0,7% des GES (Gaz à effet de serre). La consommation d’eau, l’utilisation de pesticides et le changement d’utilisation des terres posent également problème et aussi parce que c’est cher… (et qu’on a un voyage en Espagne à financer). Oui, ça vous coute cher, mais sachez que ça coute encore plus cher à la sécurité sociale. Et non la taxe sur l’alcool, ne couvre pas les dépenses de santé lié a l’alcool… loin de là.  

Il y en a des choses à faire finalement dans cet hiver.

S’il nous inquiète encore cet Hiver, tentons d’y poser quelques moments de joie. Il y a certains moments que l’on peut identifier comme évidemment positif : la chandeleur, les vacances de février… Ce sont pourtant pour certains des évènements teintés de solitude, de tristesse ou qui n’existe tout simplement pas. Vous n’avez pas la possibilité d’être en vacances ? Créer vos propres dates. Réinventez la fin de l’hiver. Créer un évènement, un projet qui peut porter l’enthousiasme pendant quelques semaines, ou jours. Que cela soit une fête « hivernale » à la maison, aller voir votre meilleur ami qui a déménagé à Brest ou à Catonvielle

Ce mois de janvier est trop dévalorisé. Mais notons comme se plait à le rappeler le New York Times  que c’est un mois où l’on peut profiter de notre douce routine. Il n’y a pas d’évènement majeur de sociabilité, pas de vacances à préparer… enfin on peut être tranquille !! Alors bien sûr… il faut aimer son quotidien !  

Pour les récalcitrants de l’hiver, faites-vous un calendrier de l’avent perso… Chaque soir, réfléchissez à la journée de demain, en y ajoutant un truc sympa. Ça n’a pas besoin d’être quelque chose d’extraordinaire, ni onéreux, ni chronophage… juste un truc pour vous et qui vous fasse plaisir. Un petit truc qui le lendemain soir permet de vous faire dire :

« La journée a été ce qu’elle a été, mais ce truc-là c’était sympa ! Et d’ailleurs demain je me prépare autre chose »

Le calendrier de l’avent perso, ça marche tout le temps… pas seulement en décembre et pas seulement en hiver.

Si vous avez toujours l’envie de coller une etiquette au 3eme lundi du mois de janvier, dites vous que c’est le Martin Luther King day qui a lutté toute sa vie contre la ségrégation raciale et pour la paix… tout en restant non violent. 

Et si au milieu de tout ça, c’est encore la misère chaque hiver… peut-être pouvez-vous en parler à votre médecin. La dépression saisonnière (ou pas d’ailleurs) ça n’est pas une faiblesse, mais une pathologie !



Les écrans et les enfants de moins de 3 ans

Pourquoi tant de discussion autour de ces écrans, présentés un temps comme la révolution du XXI°s ? Les écrans ont envahi notre quotidien et c’est bien par ce biais qu’ils sont arrivés dans le monde duveté de lapetite enfance.

L’industrie trop contente d’accompagner cette tendance en voyant là un nouveau marché s’est faufilée dans la faille pour proposer des écrans “kid-proof”:  grosse tablette avec poignée de manipulation, application dite ludique estampillée “educative” ou “adaptée au développement du tout petit”. On a même droit à des applications censées développer telle ou telle compétence de l’enfant.

Dans un autre contexte, nous ne serions pas tombés dans le panneau. Mais niveau temporalité, ça tombait bien :  l’éclatement géographique des familles qui laissent les jeunes parents loin de toute assistance familiale, la charge mentale dans le foyer, la pression du travail et l’ingéniosité du marketing vantant les mérites de telle ou telle plateforme, chaine pour bébé…

Oui il y a bien une chaine pour les tout petits sur le TNT : Gulli où les “cry babies” exhibent leurs formes rondes et leurs douces couleurs devant un “tout public” complètement hypnotisé.

Ces écrans sont devenus assez rapidement une nounou efficace et pas chère. Après quelques expositions régulières, les écrans ont la capacité à faire taire les enfants, tout en ayant une paralysie complète du système musculaire… Oui ils ne courent plus partout (Enfin !) et ils ne bougent plus… Le muscle masséter en profite pour faire une pause et laisse littéralement tomber la mâchoire inférieure. Laissant notre petit bout avec l’expression ébahie et béate d’un paresseux tentant de gober des mouches. Bref, le rêve.

Bien que cette pause puisse être la bienvenue et non problématique si elle est exceptionnelle, elle devient littéralement pathogène lorsqu’elle est régulière et quotidienne, voire pluriquotidienne. Et c’est bien là le problème : la régularité de l’exposition.

Pour ceux qui voudrait lire le rapport sur l’usage des écrans rendus au gouvernement au mois d’avril dernier,  c’est par là : 



Le développement de l'enfant

Le nouveau-né humain est le plus immature du règne animal. Il lui faut au moins 10 ans (16 ans minimum en occident) pour être autonome. Il va lui falloir apprendre beaucoup de choses, mais c’est aussi parce qu’il a le plus gros potentiel par ailleurs.

 

Mais pour exprimer un potentiel, il doit être utilisé ! Et avant 3 ans, ce que l’enfant doit apprendre est assez simple, mais primordial pour la suite.

On parle du langage bien sûr (les sons, les mots, mais aussi le langage du corps : la reconnaissance des mimiques), les compétences motrices (lève-toi et marche !) et les compétences fondamentales pour la suite de ses capacités cognitives : les capacités d’attention et de concentration.

À la question “comment apprennent les enfants ?” On répond par l’expérimentation et le mimétisme. Ils regardent leur entourage, ils essaient et essaient encore.

Cet « entrainement », créé de nouvelles connexions neuronales et faire apparaitre de nouvelles compétences. De fait, un enfant va donc continuer une expérience qui “fonctionne” et laisser tomber ce qui ne marche pas.

C’est à ce moment-là que la particularité “statique” de l’écran devient un problème. Devant “Cry babies Pat Patrouille ou Peppa pig » , un enfant va sourire, il va tenter de parler à “Greeny” (Un personnage du “Cry babies”), mais celui-ci ne va pas lui répondre. Pire il s’en fiche carrément !! (pour ne pas dire autre chose)

Qu’à cela ne tienne, notre petit bout essaiera une prochaine fois… peut-être que Greeny faisait la tête ce matin ! 

Ce lien entre l’enfant et la personne en face de lui est primordial, c’est “l’accordage affectif” . Quand il sourit pour les premières fois, le fameux “sourire aux anges”, les parents le pensant heureux vont reproduire ce sourire… Il y a interaction ! Un moment rempli d’émotion qui va favoriser de nouvelles interactions, renforçant ainsi les réactions de bébés dans un cercle vertueux d’échange et d’apprentissage des codes de la communication… le son, le regard, la mimique.

Le bébé est un être de communication, qui ne demande qu’à développer ses apprentissages :

  • Ils démarrent par une imitation quasi innée, véhiculée par les neurones miroir, actifs dans tout échange humain
  • Puis ils prennent de l’ampleur et s’inscrivent dans le temps par la mise en route de processus créatifs qui alimentent les échanges et les complexifient.

Tout cela marche avec Papa, maman (ou tout autre sapiens bienveillant), mais pas avec Marcus (le dalmatien dans Pat Patrouille)… qui décidément n’en a rien à faire de notre petit bout. Si Marcus est trop présent dans le quotidien de notre petit bout… il va finir par en faire une règle du genre :

  • Cela ne sert à rien d’interagir avec les autres, ils ne répondent jamais.

Qui finira par se répercuter sur son comportement :

  • Donc, je ne réponds pas, je ne parle pas et je ne regarde pas dans les yeux.

Ce qui reste assez problématique, soyons honnête.

Pour ceux qui vont dire qu’il y a des applications qui favorise les apprentissages, développent la conception spatiale… ou quoi que ce soit d’autre, je dirais que manipuler un cube sur une application 2D est proche de l’intérêt zéro parce qu’il ne se coordonne pas avec la manipulation manuelle, le toucher, l’expérimentation de l’empilement, de la chute, de la construction, du bruit qui va avec… du jeu que cela introduit et appelle la fratrie. C’est tout cela l’apprentissage. C’est ce qui développe le cognitif : FAIRE DU LIEN.

Or l’écran chez le tout petit (et les autres aussi), ne fait pas de lien, il isole.

 



Isolement par les écrans

Il isole sensoriellement, socialement, et c’est pour ça qu’avant 3 ans les écrans ne sont pas une bonne idée.

En condensé, résumée cela donne : pas d’écran avant 3 ans, pas de télé dans la même pièce qu’un tout petit et s’il doit y avoir des moments où on utilise l’écran pour gagner un peu de calme (dans le TGV, dans une salle d’attente), cela doit rester exceptionnel et cela reste une utilisation partagée. On joue avec son enfant, on l’accompagne et on lui fournit ainsi l’interaction que l’application n’est pas en mesure de générer.

Un écran n’est pas un garde d’enfant, une télé n’est pas une berceuse, un téléphone portable n’est pas un jouet.

Faut-il les interdire avant 3 ans ? Dans un monde et une société où l’on aurait pensé une éducation sanitaire et une éducation à la parentalité, cela n’aurait pas été nécessaire…

Mais nous voilà en 2024, dans une société où la prévention n’existe pas et où l’on considère que la vie familiale fait partie de la vie privée.  Résultat, on voit de plus en plus de “solution” qui révèle leur potentiel pathogène.

On a rendu obligatoires les vaccins contre les maladies infantiles, on a rendu les masques obligatoires pendant le covid, on va interdire les écrans avant 3 ans…

Et si on se rendait compte que l’on manque d’une éducation sanitaire, pour tous ?  D’une éducation à la parentalité pour tous ?

La contrainte ne convainc pas, la contrainte impose… mais ne résiste pas au temps et à la difficulté inhérente à l’éducation d’un enfant. Et pour ne pas « tomber » dans la facilité de mettre son enfant devant un écran, il faut avoir compris le risque qu’on lui fait prendre…

 

La parentalité c’est “Naturel”, mais ce n’est en aucun cas inné et encore moins facile. Surtout dans un monde où être parent, n’a plus rien à voir avec le modèle de leurs propres parents… 25 à 30 ans plus tôt.

La problématique des écrans ne s’arrête pas à 3 ans, mais se projette au delà. Souvent avec les troubles du sommeil et un risque accru au harcèlement. On en discute par là :